Quand je serai grande, je serai écrivain et chroniqueuse!

12 Juil

Décollage imminent pour le monde de Marie Laurence! Du fun, des paillettes… et l’envers du décor, évidemment!

Attachée de presse, chroniqueuse TV, auteur d’un premier livre à succès, elle cherche aujourd’hui à faire une place à son roman: Yes, You Cannes.

Place Marie Laurence!

 

1.Une petite présentation rapide

Quadra, Parisienne, bien dans sa tête et ses escarpins !

2.Avant vous étiez… et aujourd’hui vous êtes…

J’étais Attachée de presse depuis près de 20 ans aujourd’hui je suis auteure et chroniqueuse TV.

3.Quel a été l’élément déclencheur ?

Pendant toutes ces années, c’est avec plaisir que j’ai donné mon temps, mon énergie en étant 100% au service de mes clients tout en étant au service de la presse. J’étais pressée comme un citron en essayant de donner le meilleur de moi-même tout en gérant les caprices de chacun.

Un jour, épuisée, alors que je m’étais isolée pour me reposer, je me suis mise à faire le bilan de ma vie et ai ouvert les yeux. J’ai réalisé que je m’étais complétement oublié et que jusque-là, je ne vivais pas « ma » vie.

J’ai décidé d’avoir moins de revenus mais d’être plus heureuse.

4.Depuis quand murissiez-vous ce projet ? Quel a été le délai avant de le mettre à exécution ?

J’avais toujours eu au fond de moi des projets personnels liés à l’écriture (idées de scénario, de roman, de nouvelle, etc) mais cela faisait partie de mes rêves irréalisables, par manque de temps. Je me disais que je m’y mettrai plus tard.

J’admirais les personnes qui arrivaient à s’isoler pour écrire et qui préféraient une vie de bohème plutôt qu’une vie structurée… Je ne m’en sentais pas capable.

J’avais un fort besoin de sécurité.

Cela ne m’empêchait pas d’y penser, au point d’accumuler des archives, des articles, des visuels, des documents en vue de cette hypothétique écriture.

Je classe depuis des années des photos d’ambiances, des descriptions de personnages et des idées en vue de scénarii et de romans futurs…

L’accélérateur s’est mis en route le jour de la signature avec les éditions Michel Lafon. Je leur avais proposé un essai sur les relations hommes-femmes, thème universel qui m’est cher, lorsqu’ils m’ont dit banco, il m’a fallu un an de rédaction (les nuits, les week-ends et en vacances) pour leur rendre le manuscrit de « Tout ce que vous voulez savoir sur les femmes sans jamais oser le demander ».

  5.Votre formation ou vos expériences précédentes sont-elles proches de votre travail actuel ? Si elles sont totalement différentes, quels sont les atouts que vous retirez de votre cursus ?

En tant qu’Attachée de presse, j’écris beaucoup. Je conçois des communiqués de presse, des dossiers de presse, des biographies, des présentations de produits. La technique est là, mais ni les mots, ni la forme ne sont les mêmes. Les journalistes n’attendent pas de nos textes qu’ils soient imagés ou qu’ils fassent rêver. Au contraire, il faut qu’ils soient le plus synthétiques possible de façon à ne dégager que l’essentiel du message. Les adjectifs, les superlatifs, les images sont bannis. C’est assez frustrant. C’est aux journalistes d’avoir le loisir de mettre en forme et de faire vivre cette base de travail.

Mon métier m’a appris à ne pas faiblir devant une feuille blanche.

Quand il faut rédiger un communiqué, même si on n’en a pas envie, il faut l’écrire, le corriger, le travailler.

Mon métier a renforcé ma volonté, qualité indispensable pour écrire.

Nos humeurs comme notre volonté ne sont pas égales tout au long des pages que nous gribouillons. Le doute et le rejet s’installent régulièrement, à nous d’avoir une volonté de fer pour ne pas céder.

Mon métier d’indépendante m’a appris à apprécier la solitude. Dans l’écriture, elle est parfois pesante, au point d’en être, pour certains, une souffrance.

 6.Qu’est ce qui compte le plus : le culot, l’expérience ou les études ?

Un peu des trois.

–          Le culot pour avoir le courage de se lancer en solo dans une aventure où on ne vous attend pas. Il faut être sacrément téméraire, surtout en ce moment.

–          L’expérience nous fait garder les pieds sur terre et nous rend réalistes.

–          Les études nous ont appris la rigueur et l’organisation.

7.La qualité essentielle pour la réussite du projet

Ce qui compte le plus est d’en avoir envie, d’avoir une belle énergie et surtout d’y croire. Qualité essentielle : La volonté.

8.La question indispensable qu’il faut se poser (et à laquelle il faut avoir répondu pour se lancer dans cette aventure ?)

La première :

–          Mon projet peut-il plaire, peut-il intéresser une majorité de lecteurs et donc un éditeur ?

 La seconde :

–          Puis-je trouver assez de temps à consacrer à l’écriture en dehors de mon boulot ?

–          Si je prends une année sabbatique, puis-je me le permettre côté finance ?

9.Si vous deviez regretter une chose

Je regrette la courte existence d’un livre (Trois mois), proportionnellement au long travail en amont nécessaire pour le faire exister.

Je regrette le jugement trop facile et léger de certains chroniqueurs. Que l’ouvrage leurs plaisent ou non, le travail et la souffrance de l’écrivain est bel et bien là, en ont-ils conscience ?

Je regrette que le monde de l’édition soit une si vieille institution à ne surtout pas bousculer !

10.Vous sentez vous aujourd’hui pleinement épanoui(e) et à votre place ?

Je suis en admiration devant les écrivains et ne me vois absolument pas dans la même cour. Je n’ai fait qu’un essai et un roman chick-lit….. Ce n’est pas de la littérature !

Le travail a été colossal, je suis fière d’avoir réussi à aller au bout.

Je ne me sentirai pleinement épanouie que lorsque tous mes autres projets seront aboutis.

Quant à ma place ? Aux Etats-Unis, la réussite et la polyvalence est un moteur plébiscité de tous, en France, on vous regarde de travers, on vous met dans une case et si vous avez le malheur d’en sortir, on vous juge et on ne vous suit plus.

J’espère pour le bonheur de tous que ce « petit esprit » Français évoluera dans le bon sens afin que chacun, y compris moi, se sente à sa place où que nous soyons.

11.Si un seul conseil devait être donné, ce serait…

Ne pas se décourager. Un texte se travaille, se reconstruit. C’est comme un diamant brut que l’on taille….. Ce n’est pas grave s’il ne plaît pas à tout le monde, le principal est d’aller au bout de son envie.

12.Le mot de la fin…

Courage !

 

Merci Marie Laurence et bon courage!!!!Et si vous avez envie d’emporter un livre fun et glamour sur la plage cet été, ne cherchez plus, Yes you cannes est pour vous!

 

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11 Réponses to “Quand je serai grande, je serai écrivain et chroniqueuse!”

  1. lucie 12 juillet 2012 à 07:40 #

    très bel entretien, le message est clair : la société française est un peu sclérosée, pour aller au bout d’un projet d’écriture y croire et être endurant. Je ne réalisais pas qu’être attaché de presse c’était mâcher le boulot aux autres. Je ne connais pas cette (très belle) auteure, je vais tenter l’expérience, j’aime la littérature de poulette ! Merci Charlotte !

  2. Laetii 12 juillet 2012 à 08:33 #

    C’est un témoignage très intéressant! Oser, croire en soi, en ses projets est véritablement la clef de la réussite de ses rêves.

  3. Ines 12 juillet 2012 à 09:51 #

    Très très beau témoignage. Je n’ai pas lu en intégralité « tout ce que vous voulez savoir sur les femes…. » ms je l’ai feuilleté à plusieurs reprises. Je n’avais d’ailleurs pas fait le rapprochement au début de l’article avec cet auteur et ce livre..C’est beau, courageux, de plaquer un boulot stable, bien rémunéré pour se lancer dans un tel projet mais quel satisfaction ça doit être quand on voit son livre en librairie…Je souhaite à Marie-Laurence que tout ses autres projets aboutissement et qu’elle se sente pleinement épanouie!!

    • insatiablecharlotte 18 juillet 2012 à 10:19 #

      J’espère aussi qu’elle réussira à aller au bout de son aventure, car il a un courage et une détermination incroyables!

  4. christine 12 juillet 2012 à 10:23 #

    Encore un bel exemple de réussite. Je crois que je vais faire attention à ce qu’elle adit lorsque je donnerai une critique négative d’un livre : la souffrance de l’auteur et le travail. Surtout ne pas négligé le travail.

    • insatiablecharlotte 18 juillet 2012 à 10:18 #

      Je ne peux qu’être d’accord avec elle (et avec toi), c’est pour cela que sur le blog, je ne parle jamais en négatif d’un livre, car derrière il y a un être humain et du travail. J’étais déjà très respectueuse avant et depuis que j’écris, je le suis encore plus. On peut ne pas aimer mais détruire complètement, non!!

  5. Les Sens Ciel ♡ 12 juillet 2012 à 22:10 #

    Superbe interview, très inspirante et motivante, merci! 🙂 Je retiens le côté « déclic », qui joue énormément pour se lancer…tout à coup l’inspiration coule de source et ce que tu as mis 10 ans à pondre tu le fais en une…je pense que souvent tout ça naît d’un besoin impératif de vivre! 😉 ce qu’elle dit à la fin sur l’Amérique et la polyvalence je le retrouve de + en + autour de moi, je crois que ça s’installe petit à petit en France et qu’on est nombreux à en ressentir l’envie 🙂 je suis pour cette totale liberté et multiplicité d’expression!

    • insatiablecharlotte 18 juillet 2012 à 10:17 #

      C’est exactement ce qui ressort de ces interviews, l’envie de vivre pleinement!!! Quelque chose de transcendant qui pousse à faire des grandes choses!!

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