Une photo, quelques mots…

22 Fév

Voilà, le lundi est passé au mercredi exceptionnellement…

Voici la photo proposée par Leiloona (qui d’ailleurs vous offre une chance (non deux!!) de gagner le dvd La couleur des sentiments, n’hésitez pas, c’est ici):

Crédit photo Kot

Il n’avait rien perdu de sa superbe.

Il s’était toujours senti décalé, un peu à part, hors de la vie.

Certains se moquaient de son allure, d’autres trouvaient qu’il sortait tout droit d’un de ces films américains.

Ce regard pénétrant, cette petite barbe, son foulard toujours noué autour du cou… et surtout ce chapeau.

Petit, il ne se rêvait pas cow boy, il était timide, voulait toujours rester discret, il ne fallait surtout pas qu’on le remarque.

Il en avait traversé des épreuves. Il ne supportait pas ces gens dans leur petit confort qui se plaignaient de tout, tout le temps.

Lui, il avait connu les coups portés par un père alcoolique, les rackets des plus grands, des plus forts.

Un jour, il décida de changer. Il s’en voulait de s’être tu si longtemps, d’avoir tout encaissé sans broncher. Il deviendrait le dur, celui dont tout le monde aurait peur. Il fuit sa famille et se retrouva sans le sou, à devoir faire des petits boulots, parfois déshonorants pour finalement se retrouver à faire la manche.

Et puis, il l’avait rencontrée… Elle, sa femme, celle qui avait réussi à comprendre que tout cela n’était qu’une façade et que derrière cette carapace, tout était meurtri, fragilisé, qu’il fallait à force de patience et d’amour tout recoller, tout réemboîter pour que la vie se remette à circuler.

Ils étaient partis, avaient acheté une ferme, il s’occupait des chevaux, il avait toujours préféré les animaux aux être humains.

Il avait l’impression de vivre, enfin.

Sauf qu’il avait chuté… Une inattention, un cheval un peu fougueux, il n’avait pas vu le drame se profiler, il tomba lourdement.

Le bilan était gravé et le verdict sans appel : il ne pourrait plus remarcher normalement, sans béquille, il ne pourrait plus remonter à cheval.

Est-on toujours condamné à souffrir ? Espérer était il, pour lui, vain ? Il se posait ces questions, se disait qu’il s’était cru sauvé de tout mais que la vie n’avait pas décidé d’être douce avec lui.

Mais il ne renoncerait jamais, il relèverait la tête comme à chaque fois, encore plus fort.

Il était là, debout, vivant.

Il ne perdrait rien de sa superbe!

7 Réponses vers “Une photo, quelques mots…”

  1. Leiloona 22 février 2012 à 08:12 #

    La boucle est bouclée ! Joli texte mais quel fatalisme ! Erff ! 😦 Bon, heureusement que notre « bonhomme » est un dur à cuire.
    Il a inspiré de sacrés portraits, d’ailleurs. 😉

  2. Jean-Charles 22 février 2012 à 17:42 #

    Le cowboy au coeur tendre sous son masque de fer, a manque de chance évident !

  3. lucie 23 février 2012 à 07:46 #

    absolutely fan de ton texte, je l’aime ton personnage cabossé, qui tient debout quand même !

    • insatiablecharlotte 23 février 2012 à 07:55 #

      Merci beaucoup!!! Ca fait du bien dès le matin, surtout qu’en ce moment, je doute pas mal…
      Merci! Merci! Merci!

  4. antonio 24 février 2012 à 23:17 #

    Bonjour
    très beau ton texte avec ce brun d’amertume et cette forte envie de vivre!
    Antonio

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  1. So Far West ! | Bric à Book - 30 mai 2012

    […] L’Insatiable […]

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