Des mots, une histoire…

17 Fév

Petit rendez vous du vendredi avec les mots d’Olivia! (comme la dernière fois, ce sera désormais un texte différent chaque vendredi, les aventures d’Agathe et Benjamin se poursuivent sans les mots imposés..Si vous voulez continuer à suivre leurs aventures, rdv sur ce blog tous les mercredis… Cette semaine, ils ont pris des vacances! Mais rdv mercredi pour ceux et celles qui voudraient connaître le contenu du petit médaillon…)

Les mots étaient:

grillage – chat – andante – apesanteur – caroncule – chant – contexte – plume – couffin – barbouillages – croquis – enfant – lame – livre – vertige – saigner – chapon – climatique – catalogue – match – roboratif – sangloter – allumettes – mouchoirs – enfance – préparation – délicieux

(27 mots or le maximum était de 25 donc climatique et chapon sont passés à la trappe !!!)

C’était en elle, comme une évidence, la saisissant comme un vertige, elle le voulait plus que tout au monde, c’était son but, son espoir, son ultime désir.

Elle rêvait de barbouillages d’enfants sur les murs, de dessins qu’elle seule trouverait fantastiques sur le frigo, de chants joyeux qui avaient toujours eu sur elle un effet roboratif.

Pas une nuit, cela ne la lâchait, tantôt doux comme un rêve, tantôt brutal comme le pire des cauchemars. Une nuit, elle rêvait qu’elle accouchait de monstres avec des caroncules sur le crâne et le lendemain, elle se voyait le ventre arrondi, flottant comme en apesanteur, se sentant légère comme une plume…Sa grossesse serait un moment délicieux, c’était évident.

Elle avait tout préparé, avec trop d’entrain, le jour où elle avait cru que c’était bon.

Elle avait compulsé tous les catalogues de décoration, avait choisi le couffin, avait acheté tous les livres sur le sujet, commençait à constituer sa bibliothèque à lui avec tous les classiques de Roahl Dahl au Chat botté en passant par la petite fille aux allumettes. Elle pensait déjà aux séances de préparation qu’elle suivrait avec assiduité et discipline, comme à son habitude. Elle avait imaginé la chambre, dessiné de multiples croquis pour qu’il se sente bien, il fallait que tout soit bien, que tout soit parfait, que tout soit cadré.

Et puis non, c’était une fausse piste, un faux espoir… Son ventre restait désespérément vide et froid comme si une lame chassait inexorablement toute tentative d’accrochement.

Il avait tout fait pour la rassurer, lui répétant qu’il y aurait toujours une solution, il était d’une douceur à toute épreuve, disait que ce n’était peut être pas le moment, qu’ils étaient très tendus, que le contexte jouait sans doute un rôle important mais qu’un jour, ils y arriveraient, ils ne seraient pas différents des autres, eux aussi auraient ce bonheur. Il fallait qu’ils acceptent le mouvement andante de la vie, sans vouloir la maîtriser et tout contrôler. Il lui dit aussi qu’il fallait peut être qu’elle règle ses problèmes avec son enfance à elle, qu’elle panse ses plaies encore ouvertes et qui saignaient toujours, qu’il fallait qu’elle arrête d’en faire une obsession.

Il disait tout cela avec bienveillance, tandis qu’il la retrouvait tous les soirs sanglotant sur le canapé, un mouchoir à la main.

Elle repensait à tout cela, à ce parcours sans fin, à cette épreuve au combien douloureuse, à ce match contre la vie, tout cela défilait face à ce grillage qui la séparait de son bonheur.

On vint les chercher : « venez, il vous attend ». Elle ferma les yeux, il fallait que toute sa vie, elle se souvienne de cet instant, celui où elle allait enfin devenir maman.

21 Réponses vers “Des mots, une histoire…”

  1. LindaG 17 février 2012 à 07:38 #

    Magnifique texte qui m’a fait versé une larme…. j’ADORE;

  2. wens. 17 février 2012 à 09:05 #

    Avant de passer à la petite fille aux allumettes et Roahl Dahl …quelques étapes intermédiaires s’imposent…je peux te donner quelques titres…foi de papy…est-ce une fille ou un garçon ?

    • insatiablecharlotte 17 février 2012 à 10:01 #

      Oui c’est parce qu’il fallait caser allumettes et que Roahl Dahl me plait bien… !!!!

  3. marlaguette 17 février 2012 à 09:27 #

    Une fois de plus… je trouve ton texte beau, emouvant, plein de sensibilité…

    • insatiablecharlotte 17 février 2012 à 10:02 #

      Merci beaucoup…
      Ce texte était déjà en moi (pourtant je ne suis pas adoptée et je ne suis pas enceinte) et les mots imposés n’ont pas été des freins, au contraire!!!

  4. Olivia Billington 17 février 2012 à 10:35 #

    Effectivement, les mots coulaient de source pour ton texte. 🙂
    Il m’a fait pensé à un des miens, écrit il y a plusieurs mois : http://desirdhistoires.wordpress.com/2011/04/15/trois-ventres-ronds/

    • insatiablecharlotte 17 février 2012 à 10:41 #

      Je viens d’aller lire tes trois ventres ronds… Il était magnifique ce texte… Touchant, percutant, émouvant… j’ai beaucoup aimé! Bravo!!

  5. Solange 17 février 2012 à 15:55 #

    Superbe, on en redemande…

  6. Ceriat 17 février 2012 à 17:52 #

    Douloureuse attente. 😉 En même temps, avec tous ces cauchemars… 😉 J’aime beaucoup l’histoire et sa fin heureuse. 😀

  7. La plume et la page 17 février 2012 à 17:54 #

    Très beau texte. On devine à la fin qu’ils adoptent un enfant. Une conclusion très bien amenée!

  8. covix 17 février 2012 à 20:13 #

    Bonsoir,
    c’est un texte très émouvant…j’ai adoré…
    bone soirée
    @ plus

  9. Soene 17 février 2012 à 20:57 #

    Une adoption ?… parfois il ne faut pas s’acharner et tout s’arrange.
    Un beau texte, un déchirement pour certains couples et la récompense suprême : être parents.
    Bon we et bises de Lyon

  10. elcanardo 17 février 2012 à 21:48 #

    Belle histoire d’une attente.. que l’on « adopte » à notre tour ! Très émouvant ! Bravo !

    Coincoins adoptifs !

  11. lucie 17 février 2012 à 21:59 #

    j’attends toujours ton texte avec impatience, j’aime !!

  12. Julie Mallauran 18 février 2012 à 12:03 #

    Très beau texte !! J’adore l’envie de cette femme qui la prend aux tripes, que je commence à sentir pointer en moi aussi. Merci, c’est vraiment émouvant…

    • Blanche De Castille 19 février 2012 à 18:25 #

      Oh oh, ça commence à te prendre aux tripes donc?! 😀

      • Julie Mallauran 19 février 2012 à 18:28 #

        Parfois… le temps que çà me prenne toutes les tripes, j’ai bien quelques années devant moi…

  13. Blanche De Castille 19 février 2012 à 18:25 #

    Quel joli texte! Très émouvant!! Bravo, on retrouve bien ta griffe!

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  1. Elle a déserté | Désir d'histoires - 17 février 2012

    […] textes de Violette Dame mauve, la belette, insatiablecharlotte, Little Cat, Valentyne, Mind the gap, lilou, covix, Zoé, Ceriat, Julie Mallauran, Jean-Charles, […]

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