Des mots, une histoire (4) et les plumes de l’année 12…

30 Déc

Voici la suite de ma petite histoire… Olivia est toujours en « vacances « (enfin… en train de s’occuper de ses petits bouts), ma récolte de mots de mardi a été peu fructueuse (Cachalot et avion! Vous les retrouverez ci dessous!!), une âme charitable m’a soufflé d’aller faire un tour chez Asphodèle qui récoltait des mots en L (Merci Valentyne!)… Voici donc les mots en L:

Lumière – Liberté – Lutter – Lamentable – Larmoiement – Loup – Lardons – Lune – Lanterne – Lointain(e) – Lupanar – Loustic  -Légèreté -Loufoque – Luciole – Lutin.

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Je suis toujours à la recherche de mes prénoms, il faut que j’en apprenne davantage sur mes personnages avant de les nommer…

LUI

Il se retrouvait là, dans la grande maison de famille, sa maison à elle. Finalement, il n’était qu’une pièce rapportée, celui qui avait su apprivoiser la petite dernière, celui qui avait vu en elle ce côté un peu loufoque, un peu décalé ; celui qui l’aimait elle, elle qui parfois se lançait dans de grands discours prônant la liberté de choix, elle qui ne prenait rien avec détachement, qui se torturait toujours un peu trop.

IL avait su lui apporter de la légèreté et un peu d’insouciance… enfin c’est ce qu’il croyait jusqu’à aujourd’hui.

Mais il se retrouvait là, face à sa famille avec ce vide. Il savait qu’elle n’était pas simplement sortie prendre l’air et qu’elle n’avait été enlevée par un déséquilibré qui passait par là, il ressentait cela. Ce n’était pas la crainte que l’on peut ressentir dans ses moments là, c’était une angoisse plus sourde, plus profonde. Elle avait décidé de partir. Il devait aller annoncer cela à sa famille.

Il entra dans le salon : les loustics étaient par terre en train de jouer avec leurs jouets fraichement déballés : l’un faisait voler son avion en l’accompagnant de bruitages tous plus explosifs les uns que les autres, l’autre jouait avec son cachalot, c’était un jeu de bains mais son imagination d’enfant en avait décidé autrement, ce serait un sous marin., le dernier était plus en retrait, il regardait le livre qu’il venait de recevoir, calme et un peu absent, avec cet air lointain qu’il tenait de sa tante. Il aimait profondément cet enfant  Il était vif, drôle mais avait cette petite lueur au fond des yeux qui lui faisait croire que ce n’était pas un enfant comme les autres.

IL regardait avec détachement cette grande pièce où chacun tenait son rôle. Elle était joliment décorée avec une lumière tamisée apportée par de jolies lanternes et des décorations de Noel fines et de bons goûts.

IL regardait ce petit monde évoluer ; chacun apportait sa personnalité, son humeur et tout se mêlait comme dans un joyeux lupanar. Personne ne lui prêtait réellement attention, personne ne semblait la chercher, ne se demandait où elle était, comme si ses absences étaient normales. Il s’étonnait de cela : peut on être indifférent à un être humain, à un proche, qui plus est un membre de sa famille? Ne pas remarquer son absence ?

Sa belle sœur et son oncle étaient en pleine discussion sur les élections qui arrivaient et évidemment le ton montait. Il avait toujours pensé qu’il ne fallait pas discuter de politique en famille. Les cousins discutaient des derniers films vus et des derniers jeux vidéos à la mode, les autres sirotaient leurs verres en attendant la suite, menant une discussion somme toute futile sur l’année à venir, les banalités que parfois on échange quand échanger sur de vrais sujets est trop difficile ou trop fatigant.

IL se dirigea vers la cuisine dans laquelle s’affaireraient ses beaux parents. Ils préparaient le traditionnel pain aux lardons que l’on partagerait comme le veut la tradition. Il les regardait évoluer sans bruit, il aimait profondément ces deux personnes, pourtant complexes et parfois insaisissables mais toujours bienveillantes, ils avaient su l’accueillir comme un membre à part entière de cette famille, le jaugeant un peu au début et très vite, ils avaient été conquis par sa droiture, sa gentillesse et sa générosité.

D’une voie blanche et caverneuse, il s’entendit prononcer cette phrase ; «  Elle a disparu. Elle s’est enfuie. Je ne crois pas que quelque chose de grave soit arrivée mais elle a décidé de partir. »

Tous deux cessèrent leurs agissements et le regardaient comme une bête curieuse. Ils ne comprenaient, pensaient qu’il divaguait : « tu n’as pas dû chercher assez, la maison est grande, as tu visité les onze chambres ?  Elle a dû se réfugier quelque part pour se reposer, elle a l’air si fatiguée. »

Ils ne pensaient pas qu’elle était partie, comme ça, sans explications, ce n’était pas elle. Ils refirent le tour de la maison tous les trois.

Il s’engouffra dans la chambre d’enfants, dans sa chambre d’enfants à elle.

Rien n’avait changé : la luciole posée sur la table de nuit, les étoiles et la lune fluorescentes collées au plafond, le décor dessiné à même le mur avec les lutins et le loup caché au fond du bois Cette pièce semblait figée, il n’arrivait pas à croire que rien n’avait changé, elle servait maintenant de chambre pour les petits enfants mais c’était ici qu’elle avait vécu, qu’elle avait rêvé sa vie, que petite elle avait fait ce cauchemar récurrent, qu’elle avait confié ses premiers chagrins à son journal intime ou à l’une de ses innombrables peluches.

Mais ce soir, elle avait déserté, elle s’était enfuie de ce monde.

Ils se rentrouvrirent à nouveau dans la cuisine. Il fallait se rendre l’évidence, elle n’était ni dans la maison ni dans le jardin.

Sa mère était agitée, elle ne cessait de répéter « ma toute petite, où es tu ? »… Il fallait prévenir la police, il fallait la retrouver, quelqu’un l’avait enlevé dehors lorsqu’elle était sortie, il ne pouvait pas en être autrement !!

Mais lui savait qu’il n’en était rien, qu’elle avait juste décidé de partir. Finalement, il se rendit compte qu’il redoutait ce moment, que cela ne l’étonnait pas outre mesure, qu’il n’était pas dans un état d’inquiétude démesuré, il était persuadé que rien de grave n’était arrivé, rien de grave au niveau faits divers mais ce qui venait de se produire était dramatique pour sa vie, il ne pouvait pas continuer à avancer sans elle.

Il fallait qu’il retourne à leur appartement ? IL avait cet espoir, sans doute vain, qu’elle y était retournée, qu’elle avait fui le monde, ce monde mais pas lui , qu’elle l’attendait avec son petit air ailleurs, qu’elle l’accueillerait en lui disant : on s’en va ? On part loin tous les deux ?  Il savait que si elle lui demandait cela : il la suivrait, que sa maison à lui, c’était l’endroit où elle se trouvait.  Il fallait qu’il lutte contre cette idée, car il savait qu’il allait souffrir, qu’il allait pleurer lamentablement, qu’il allait s’effondrer en découvrant qu’elle l’avait abandonné. Sinon elle aurait attendu la fin, ils auraient rejoint leur appartement et elle aurait prononcé ces mots : on s’en va ?

Peut on abandonner sa vie ? Peut on laisser sur le bord de la route les êtes qui vous aiment ? Ou alors, ils n’avaient pas su l’aimer réellement, pas comme il le fallait. Ils l’avaient peut être étouffée, n’avaient pas su déceler cette fêlure, ce poids qu’elle portait.

Il ne pouvait pas se laisser aller, pas de larmoiement inutile, de question sans réponse, il fallait agir, il fallait lutter. Il ne la laisserait pas détruire tout cela. Il dit à ses beaux parents qu’il partait, qu’il retournait dans leur appartement et qu’il les tiendrait au courant. IL prit ses affaires, sans un regard pour ceux qui innocents continuaient leurs viles discussions dans le salon, claqua la porta et s’engouffra dans le froid de la nuit.

IL ne pouvait pas, il n’avait pas le droit de la laisser, il la retrouverait !

13 Réponses vers “Des mots, une histoire (4) et les plumes de l’année 12…”

  1. Olivia Billington 30 décembre 2011 à 15:05 #

    « Peut on abandonner sa vie ? Peut on laisser sur le bord de la route les êtes qui vous aiment ? Ou alors, ils n’avaient pas su l’aimer réellement, pas comme il le fallait »
    J’aime ce passage. Il me parle.

  2. Asphodèle 30 décembre 2011 à 22:48 #

    Je prends enfin le temps de découvrir ton univers Insatiable Charlotte ! et je ne suis pas déçue ! Comme Olivia, ce passage me touche : on ne laisse pas un être aimé au bord de la route, c’est trop dangereux… Mais j’attends la suiite avec impatience, il va falloir leur donner des noms, ils prendront vraiment « corps ! C’est très bien ! 🙂

  3. lucie 31 décembre 2011 à 11:01 #

    j’aime beaucoup ce texte, ces beaux parents qui comme sourds quand on IL dit elle est partie…cet homme qui s’interroge sur la manière dont IL aime cette femme…la suite !! Bon réveillon à toi !!

  4. celestine 31 décembre 2011 à 12:19 #

    Comme je n’aime pas les feuilletons, je lirai toute l’histoire d’un trait quand tu auras mis le mot fin…T’es pas fâchée?

    • insatiablecharlotte 31 décembre 2011 à 13:36 #

      Je comprends tout à fait… Mais je ne suis pas prête à lâcher mes petits personnages tout de suite.. Désolée… Il faudra donc attendre encore un peu… Merci d’être venue découvrir mon petit monde!!

  5. Ella B. 31 décembre 2011 à 12:20 #

    Cela me rend un peu triste, deux femmes de mon entourage ont perdu la vie avant Noel cette année..
    Cela me rappelle le film avec Daniel Auteuil et Marie Josée Croze, tiré d’un livre de gavalda je crois..
    Enfin, bon, l’amour est perte et nostalgie, mais joies aussi, heureusement..:-) Alors, ils vont se retrouver !
    Beau texte digne d’un roman..

    • insatiablecharlotte 31 décembre 2011 à 13:41 #

      Merci infiniment pour ce magnifique compliment…
      Je te souhaite une année 2012 plus douce et harmonieuse!!!
      Bon courage!

  6. Emile 31 décembre 2011 à 17:13 #

    Oui, c’est beau, très bien écrit et moi j’espère qu’il va la retrouver ! Une suite s’impose…
    Emile

  7. Valentyne 31 décembre 2011 à 17:37 #

    Contente qu’IL soit combatif et ne baisse pas les bras 🙂

  8. Ceriat 31 décembre 2011 à 18:55 #

    Va-t-il arriver à l’appartement à temps ? 🙂 J’ai hâte de connaître la suite. 🙂 Très bonne année 2012 ! 😀

  9. Pierrot Bâton 1 janvier 2012 à 17:24 #

    Je reviendrai voir ce qu’ il advient de ces 2 là!

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  1. LES PLUMES DE L’ANNEE 12 – LES TEXTES EN L ! | - 31 décembre 2011

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