Eloge de la faiblesse

29 Déc

Le titre était prometteur: dans notre société moderne où seule la force est reconnue, où il faut montrer que l’on est puissant pour exister, j’espérais que ce livre m’offre une bouffée de légèreté, d’insouciance… Il n’en est rien…

Le consensus autour de ce livre est assez déroutant. Je ne sais pas comment l’aborder.

J’ai déjà expliqué mon admiration pour les écrivains en expliquant qu’il fallait savoir dissocier l’auteur de ses écrits  (ici). Cela va dans les deux sens. Je m’explique: si vous ne connaissez pas, l’auteur est un apprenti philosophe, né avec une grave déficience mentale et physique. Son livre a fait grand bruit. Son parcours est évidemment une belle leçon de vie et de courage. Mais il ne faut pas s’arrêter là… Ce livre a eu des très bonnes critiques et a reçu des prix. J’espérais donc y découvrir des choses, suivre le cheminement de sa pensée. Mais je ne suis peut être pas le bon public pour cet ouvrage.

J’ai eu la chance d’assister, dans le cadre d’une préparation de concours, à des cours de culture générale limpides, riches et tellement stimulants (j’ai regretté de ne pas avoir eu une prof de philo passionnante au lycée…). Ce prof avait réussi à tout remettre en perspective, à retracer simplement l’histoire de la pensée. Cela m’a donné envie de lire ces grands philosophes qui font un peu peur de prime abord. Cela a été une vraie révélation et m’a aidé à traverser des périodes un peu compliquées: la philosophie sert à cela, aide à vivre. Il n’est pas toujours facile de rendre la philosophie plus accessible et pourtant certains auteurs y parviennent. Je pensais donc trouver un tel livre dans ce petit ouvrage, mais je l’ai trouvé trop léger, redondant, sans réel intérêt.

La création du faux dialogue avec Socrate (je trouve assez présomptueux de faire parler Socrate…) n’apporte rien au livre mais permet simplement un règlement de comptes avec l’institution et ses anciens éducateurs.

Plus je relis les critiques autour de ce livre, plus je me dis que vraisemblablement quelque chose a du m’échapper.

(J’aurais pu faire la même critique sur L’homme qui voulait être heureux de Gounelle)

Et vous, quel est votre rapport avec la philosophie?

(Pour information, j’ai vu en librairie l’encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies: La planète des sages de Charles Pépin et Jul qui reprend les dessins de Jul dans Philosophie magazine et des anecdotes de Charles Pépin sur les philosophes. Je n’ai pas succombé à la tentation de l’acheter (parfois je me freine… euh rarement mais bon!!) mais je connais les BD de Jul dans le magazine et les textes de Charles Pépin et ce livre aborde la philosophie sous un autre angle, amusant et démystifiant !! N’hésitez pas!!)

 

5 Réponses vers “Eloge de la faiblesse”

  1. blanchedecastille 29 décembre 2011 à 18:48 #

    Je n’ai pas lu ce livre, mais si tu compare sa platitude à celle de « l’homme qui voulait être heureux » j’arrive à imaginer ce que tu veux dire…
    D’abord, je comprends tout à fait ce que tu dis concernant le prof que tu as eu la chance d’avoir en culture gé, j’ai eu une prof de philo géniale en terminale L qui m’a donné envie d’approfondir un peu Hegel et Kant, et un prof absolument extra aussi en prépa qui m’a fait dévorer Platon… Parfois on tombe sur des êtres comme ça, qui nous donnent les clés pour ouvrir certaines portes qu’on pensait hermétiques… L’auteur du « Monde de Sophie » m’a fait un peu cet effet-là, et sa libre utilisation des grands philosophes a beaucoup de sens, tandis que ce que tu as l’air de dire de « l’éloge de la faiblesse » est uniquement une vague interprétation ou prétention.
    Peut-être en effet que quelque chose t’a échappé dans ce mini bouquin, mais je pense qu’il s’agit plutôt du battage médiatique qu’il y a eu autour qu’il a tant de succès, pour tout ce qui entoure le bouquin et non son contenu. Malheureusement, ça arrive souvent.
    Fournier a écrit « Où on va Papa », l’as-tu lu ? C’est très triste et poignant, un papa qui parle de son dévouement pour ses deux enfants handicapés de naissance. La main sur le coeur, il déballe son amour pour eux…. Son livre a eu un succès fou, le gars est adulé… Mais ce type est en fait plutôt une ordure qui s’est servi de la tragique histoire de ses enfants pour se faire de l’argent. C’est cru, mais c’est ainsi : la maman a essayé de défendre ses enfants dans un blog : http://mamanmathieuetthomas.monsite-orange.fr/index.html dont de nombreuses parties sont censurées par le père et l’éditeur… de quoi n dire long !
    Sans aller si loin, mon père a écrit un livre il y a quelques mois, une sorte de torchon insultant, immonde et mal écrit, on dirait une série B des années 80, un truc de pubeux un peu gerbant, soit disant roman mais 100% autobiographique en fait, et il en est à son 4eme ou 5eme prix je crois, il est adulé par la critique, je suis tombée sur plein de blogs disant que cet auteur était absolument touchant, un père fantastique et aimant… J’en ris jaune à chaque fois, j’ai déjà épinglé une blogueuse à ce propos mais à quoi bon… Du coup, on ne connait jamais réellement un auteur, il peut être très différent de ce qu’il dévoile dans ses livres… Mais c’est pareil pour les acteurs : Cary Grant, image de l’amant fiévreux, de l’amoureux et parangon de romantisme… Dans la vraie vie, il était violent et battait se femme… comme quoi, on ne peut jamais vraiment savoir. Un auteur qui fait un tabac, comme ce petit éloge, a sans doute un éditeur très bon dans les relations ou la réclame, ou bien on s’est servi de l’aspect un peu larmoyant de cet auteur handicapé (ce que je trouve pire que tout) pour lance le bouquin qui philosophe un peu.

    Désolée de m’être un peu étendue, j’ai encore des millions de trucs à dire mais je m’arrête là 😉

    • insatiablecharlotte 29 décembre 2011 à 19:15 #

      J’avais esquissé dans un billet le détachement auteur- oeuvre, cela va dans les deux sens: respecter l’auteur quand tu détestes le livre et inversement: ne pas cautionner forcément tout ce que fait un auteur d’un ouvrage que l’on aime.

      Pour Où on va Papa? J’ai été mal à l’aise pendant tout le livre, je n’ai vraiment pas aimé … J’ai souvent un peu de mal avec ces livres- consensus…

      Pour ton témoignage personnel, c’est touchant…et assez bouleversant!

  2. Theoma 29 décembre 2011 à 19:14 #

    un coup de coeur pour moi, je l’ai fait voyager…

  3. lucie 8 juillet 2012 à 18:12 #

    je suis en train de dévorer « l’homme qui voulait être heureux » j’ai l’impression que je ne serais plus la même en le refermant…

    • insatiablecharlotte 8 juillet 2012 à 21:16 #

      Je l’avais pour ma part trouvé un peu léger et facile… Mais c’est un best seller et cela a touché les gens…

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