Si on parlait écriture avec Rachel Khan? (68 premières fois)

30 Sep

Rachel khan a offert, en janvier dernier avec Les grandes et les petites choses, l’un des plus premiers romans les plus tendres et doux, de ceux qui donnent envie de sourire et de vivre pleinement. Rachel Khan sera présente au salon du Mans notamment pour la rencontre organisée par les 68 premières fois le dimanche 9 octobre au Mans, et nous parle écriture sur le blog!

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Ecrire, à quoi ça sert ? 

S’offrir au monde. Souvent nos idées, nos histoires intérieures, nos rêveries restent englouti au fond de nous, dans le meilleur des cas nous les partageons vite fait entre amis. Ecrire s’est s’inscrire dans un temps long pour offrir nos pensées, nos idées et à travers elles des sensations aux lecteurs. C’est aussi en tant qu’auteure se faire un point entre le monde et soi-même, se redéfinir (même si on ne parle pas de soi au sens propre dans le livre), c’est redéfinir les contours de nos pensées pas des mots. Donc l’écriture, comme la lecture permettent de renaitre au monde par des histoires renouvelées et par ricochet des actions nouvelles.

Le meilleur compagnon de l’auteur ?

Le chat. Celui qui vous réveille tôt en grattant à la porte et vous sort du lit pour écrire. Celui qui se couche sur les touches de l’ordinateur alors que très justement vous êtes dans une impatience, que vous pensez avoir trouvé le mot juste, la phrase parfaite… le chat qui empêche, donc qui crée l’envie irrésistible d‘écrire. Il avait raison de me faire attendre, la phrase est plus jolie ainsi. Celui qui joue avec vos stylos  comme s’il avait compris que l’encre qui est dedans était un trésor. Celui qui reste stoïque, qui règne sur votre bureau en connexion mystique avec votre histoire et qui en connaît tous les personnages. Je me suis persuadée de l’existence d’un code de communication entre Nana et moi : elle valide, approuve certaines directions de la narration et sait aussi me détourner des idées pas terribles.

Son pire ennemi ? 15h, l’heure de la sieste…

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Une manie d’écriture ? 

Le matin à l’aube, avec mon vieux gros pull bleu doudou.

De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » )

De l’inaction, de l’absence de courage, de la malhonnêteté, de la fourberie, des injustices, des mots de vide de sens, de tout ce qui, pour le clin d’œil à Marguerite Duras, nous a amenés politiquement au fond du trou …

Comment construit-on un roman ? Son point de départ : Un plan,  un message à faire passer, une obsession ? 

Très précisément les trois. Mais dans l’ordre je dirais le message, l’obsession puis le plan.

Combien de textes proposés avant ce premier roman publié ?

C’est le premier texte que j’ai proposé … donc une « toute toute » première fois !

Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Irréel. J’étais convaincue que je n’avais pas écrit ce livre. A la soirée de lancement, je me disais « Roo tous ces gens qui sont venus et qui pense que c’est moi qui ait écrit. Il faut que je leur dise que je n’ai rien avoir avec tout ça, qu’il y a eu un quiproquo…bon j’attends 5 min, le temps que tout le monde soit là. » Mais comme il manquait toujours quelqu’un j’ai rien dit et finalement j’ai accepté.

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Définissez-vous par :

une œuvre d’art : Le baiser. Gustav Klimt 1916-1918

un mot : ancrée (encrée)

une première fois : je me souviens du jour où j’ai marché pour la première fois. C’était à la crèche et le sol était gris, ma marraine était venue me chercher et il y avait plein de dames autour de mois qui avaient l’air content, mais je ne comprenais pas pourquoi.

Citez trois ouvrages fondateurs

Une vie de Maupassant

Le livre de ma Mère Albert Cohen

Gros Câlin Emile Ajar

Le dernier roman qui vous a étonné

Charlotte (un joli prénom !) de David Foenkinos

Grand merci à Sabine du blog Carré Jaune pour ce nouveau visuel!

 

 

Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin (68 premières fois)

19 Sep

Hiver à Sokcho a la délicatesse d’un conte, de ces histoires que l’on aurait envie de murmurer pour ne pas les abimer.

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Et la douceur, loin d’empêcher la puissance, la révèle dans son essence ; de cette rencontre de deux êtres au bord du monde, une jeune franco-coréenne rêvant d’ailleurs mais se soumettant au devoir de rester près de sa mère, travaillant dans cette vieille pension à laquelle Yan vient frapper, auteur de bande dessinée en mal d’inspiration. D’une rencontre, il est toujours question dans un roman, mais dans celui-ci, la pudeur est de mise, on s’attache à ces deux êtres, que l’on voudrait éteindre tant on les sent fragiles, à en avoir peur du corps de l’autre. Une rencontre certes, mais pas que, dans hiver à Sokcho, il y a des sons et des odeurs, iil y a ce qui fait les souvenirs, les petites choses qui donnent de l’importance aux grandes, qui font se rappeler de ces instants. Il y a le ressenti, plus que le dit. Il y a le monde dans son humanité, fragile et multiple, solitaire surtout.

Il y a surtout une plume au plus près de la vérité des êtres, sans fioritures ni figures de style, qui s’emploie au strict nécessaire, comme pour se rapprocher au plus près de ce que doit être la vie. Il est infiniment touchant ce roman, de celui qui laisse un baume sur le cœur, et que l’on voudrait garder près de soi comme une couverture pour les jours de grand froid ou encore Amélie  » « Hiver à Sokcho » est un livre lumineux, dépaysant et tout en sensibilité, écrit par une jeune auteure franco-coréenne de… 24 ans. Chapeau bas. » ou Muriel ‘Un premier roman troublant, original. Une découverte, celle de l’autre, de sa culture, de son monde si différent ou règne aussi une atmosphère mélancolique. « 

Il est bon de voir que des romans peuvent être doux et fins, tendres et intelligents.

Hiver à Sokcho fait partie de la nouvelle sélection des 68 premières fois et a déjà séduite des lecteurs! Retrouvez l’ avis du Carré jaune, ou encore Amélie  » « Hiver à Sokcho » est un livre lumineux, dépaysant et tout en sensibilité, écrit par une jeune auteure franco-coréenne de… 24 ans. Chapeau bas. » ou Muriel ‘Un premier roman troublant, original. Une découverte, celle de l’autre, de sa culture, de son monde si différent ou règne aussi une atmosphère mélancolique. « 

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Majda en août, Samira Sedira

13 Sep

« Il y avait toujours, dans un livre, l’évocation de sa propre histoire, la preuve que l’humanité partage les mêmes maux, la même désolation, la même impuissance à consoler ses peines. Il y avait toujours un livre, un mot, une phrase, quelque chose qui la réconciliait avec cette impuissance. »

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La poésie du désespoir est sans conteste la plus belle et la plus vibrante.

Majda est en quête perpétuelle et destructrice, celle de retrouver l’amour originel, celui sans lequel on grandit bancal, celui que l’on voudrait toujours démonstratif, même quand on argue le contraire, toujours plein, jamais comme il faut.

Madja a 45 ans quand elle se retrouve ses parents après un de ces moments où la vie se délite. Se retrouver chez ceux par qui tout commence et tout devient, ceux qui aiment mais maladroitement, retourner là aussi où le drame d’une vie s’est nouée.

« Nul ne pouvait se douter qu’une moitié d’elle se serait damnée pour obtenir une caresse, une misère, quand l’autre moitié aurait tué de sang froid, celle qui invariablement la lui refusait. »

C’est un roman sombre mais d’une telle beauté, la langue est magnifique, portée par un souffle singulier, celui de saisir le poids du monde avec une sensibilité exacerbée, de si bien dire les errances des êtres ; La langue si bouleversante qui délivre  des phrases à griffonner dans un carnet tant elles disent tout et semblent formuler nos évidences, ces mots qui font sens et qui comble les doutes, en ayant l’impression de ne plus être seul.

Infiniment, ce roman touche, diffuse dans les veines un sang bouillant, la colère des non dits, la tristesse de ce à côté de quoi on passe faute d’amour, c’est bouleversant et magnifique.

« Les temps changent, les vérités s’écrivent puis s’effacent, mais toujours les hommes s’habituent au nouveau monde. »

Madja en août, c’est comme une musique, celle dont on sait qu’elle va faire couler les larmes mais que l’on ne peut s’empêcher d’écouter, parce qu’elle berce et bouscule, parce que tant de beauté, même au bord du gouffre, est un cadeau.

« Majda a continué de vivre, la vie n’accorde pas de trève. Elle a continué à marcher, et rire.

C’est arrivé, voilà tout.

On peut très bien respirer, et être morte.

Respirer et être morte.

Ce sont, parait-il des choses courantes. »

 

Sublime est un mot puissant, il ne l’est pas trop pour ce roman.

Si on parlait écriture et premières fois avec Alexandra Fritz ?

9 Sep

Branques est un coup de cœur, de rein, de vie, de tripes, un roman qui sera dans mon panthéon, par sa folie et son urgence, par sa faculté à sonder le monde et l’intime.

Alexandra Fritz a accepté de répondre à mes questions, avec une passion absolue. Je me tais, ces mots sont plus importants.

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1.Ecrire, à quoi ça sert ?

J’ai toujours pensé en inversé : vivre, à quoi ça sert sinon à écrire ? et j’ai fini par comprendre qu’il fallait d’abord accepter l’un pour parvenir à l’autre.

2.Le meilleur compagnon de l’auteur ?

L’humilité. Apprendre qu’il faut faire et refaire ce qui n’atteint personne ou au contraire ce qui sonne évident. C’est là qu’il y a un os, donc un intérêt.

3.Son pire ennemi ?

Il sont nombreux et fonctionnent en recto / verso : futilité / esprit de sérieux, entertainment / didactisme, clichotage / enfumage, mauvaise foi / naïveté, sans oublier flemme / envie pressante… Il est question d’équilibre et de passion comme dans tout travail humain.

4.Une manie d’écriture ?

L’étymologie.

5.De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » )

Tout est dans la question : si la littérature « doit » quelque chose, alors c’est un acte plus fort qu’une simple distraction, et le premier pas vers la forme est lancé. Si elle « peut » seulement, je crains le rôle mineur, le choix hasardeux qui ne sauvera rien du tout. Pour moi la littérature doit sauver du « méchant », du « fat », comme on disait dans une langue déjà ancienne. Elle doit sauver du médiocre, puisqu’elle le peut.

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6.Comment construit-on un roman ? Son point de départ : Un plan, un message à faire passer, une obsession ?

Le point de départ est le désir encore informe de dire, de laisser trace, sous cette forme plutôt qu’une autre, d’être un marqueur de son espèce à une époque, de témoigner de la capacité de création propre aux humains. Ce que j’admire par exemple chez les architectes, c’est de bâtir avec du concret, de la matière, car j’en suis foutrement incapable. Je choisis alors l’écriture comme construction artistique destinée à durer, à traverser les époques autant qu’un monument. L’écriture c’est une obsession à témoigner des obsessions constitutives du genre humain.

7.Combien de textes proposés avant ce premier roman publié ?

Je dirais 3 sortes de romans, une dizaine de nouvelles, quelques lots de formes poétiques, de courts monologues de théâtre. Tous refusés. Cela fait vingt ans que j’y travaille et rien n’est gagné.

8.Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

N’avoir pas vécu pour rien.

9.Définissez-vous par :

– une œuvre d’art : le film Much ado about nothing, tiré de la comédie de Shakespeare, réalisé par Kenneth Brannagh,

– un mot : poiesis

– une première fois : la première lettre non-négative d’un éditeur. En quelques lignes, Charles Dantzig cristallisait tous mes efforts en un immense espoir.

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10.Citez trois ouvrages fondateurs

L’Écume des jours, Boris Vian

En attendant Godot, Samuel Beckett

N’importe quel San-Antonio

11.Le dernier roman qui vous a étonné

Viviane Elisabeth Fauville de Julia Deck (Minuit)

 

 

 

Branques, Alexandra Fritz

7 Sep

Branques se vit. Des expressions devenues trop communes s’imposent mais font sens avec ce roman, une lecture avec les tripes. Branques brûle les doigts, fait chavirer la tête, on doit le reposer le temps d’aller prendre une bouffée d’air, puis le reprendre fébrilement comme on retourne sur un ring en sachant que le partenaire n’a pas fini d’asséner ses coups.

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Porté par la voix de quatre patients en hôpital psychiatrique, Branques est un miroir, violent, sur nos renoncements et nos fureurs, sur ces questions qui, devenant trop présentes conduisent dans ces couloirs froids, hors du monde. Ce point de bascule franchissable par tous pour un grain de sable ou une perdition un peu trop longue, cette folie du monde qui conduit les êtres hors des lignes.

Vertigineux.

Décapant.

Plus qu’un roman, une émotion. Une urgence, une nécessité.

Même plusieurs mois après ces lectures, ce roman trouble à son approche, on sait que l’on se confronte au sombre; parfois c’est douloureux mais surtout c’est salvateur, ça brûle pour cicatriser. Ca hurle et ça déchire. Je ne veux pas qu’on me berce dans un livre, je veux qu’on me dérange, Branques dérange et si magnifiquement.

Cette collection du « courage » chez Grasset offre des merveilles, après le fiévreux et furieux Eroica de Pierre Ducrozet, Branques ajoute la voix d’Alexandra Fritz au chaos du monde, une voix tranchée et tellement importante, pour dire le monde, pour prouver encore que la littérature, c’est un cri pour réveiller les consciences.

Extrait

« Comment est ce qu’on arrête la machine existentielle, celle qui pose des questions tout le temps, celle qui habite en moi, qui est moi, sans se faire mal, encore plus mal?  »

(Une seule citation, là où des dizaines noircissent un cahier)

Rendez vous vendredi pour l’interview d’Alexandra Fritz!

A tombeau ouvert, Bernard Chambaz

6 Sep

La télévision n’était pas encore ce monstre énorme trônant comme un maitre, elle était même dissimulée dans une vielle armoire. Pas de sorties intempestives, jamais de sons en émanant avant le programme de 21 heures. Tout au plus au gré d’une désobéissance, lorsqu’assez grande pour se garder seule, le goût de l’interdit faisait coulisser l’objet sur ses rails pour que le son, toujours au plus bas, fasse une présence, présence à faire disparaître dès le bruit des clés ;

Sauf ce dimanche matin où elle avait eu le droit de produire des bruits de moteur, et où elle avait montré la mort en direct.

Imola. 1er mai 1994. Senna, beau, jeune et déjà adulé.

La mort en direct, le casque jaune penché. La stupéfaction, le silence les mains sur la bouche. Les larmes. Les hommages ensuite, ces foules brésiliennes.

Un souvenir singulier, appuyé pour la petite fille que j’étais. L’évocation de Senna a depuis une résonnance particulière.

A tombeau ouvert m’attendait, évidemment, pour les souvenirs et pour cette sensation que cet événement fait partie de ma vie ; Il fait partie de la mémoire collective, même les non passionnés le connaissent.

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La prouesse de Bernard Chambaz est de refaire vivre l’homme derrière le mythe, de le rendre vibrant et vivant. Et bien plus encore, de faire un roman autour de l’urgence de vivre, de ce sport où pour devenir un dieu, il faut côtoyer la mort, de cette folie de vitesse, comme un élan de vie, pourtant.

La grande sensibilité et la discrétion de Bernard Chambaz offrent un portrait fin et délicat, de cet homme pourtant excessif et débordant. Senna, oui mais Martin aussi, le fils disparu de l’auteur, ce deuil impossible de l’enfant, par petites touches, loin de l’autofiction.

Pour les fans de F1 c’est un pur régal. Pour les non amateurs, ce roman saura séduire par cette douce urgence, par ce gamin qui a voulu côtoyer les cieux et qui a réussi. Et surtout il démontre la délicatesse de Bernard Chambaz dans une écriture délicate touchante et passionnante. A fleur de peau.

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Si on parlait écriture et premières fois avec Anne Collongues ?

30 Août

Ce qui nous sépare est un roman que l’on n’oublie pas, on entend longtemps sa musique singulière, on a l’impression de les avoir croisés ces destins, d’avoir été au milieu de ce compartiment et de sentir vivre l’autre, de voir en mots la solitude au milieu du nombre. Un premier roman d’une maitrise parfaite, qui donne à voir notre propre reflet.

Anne Collongues a accepté de répondre à mes questions et de participer à la table ronde organisée par les 68 premières fois le 9 octobre prochain, dans le cadre de la 25ème heure du livre au Mans.

 

Crédit photo: Sabine Faulmeyer

Crédit photo: Sabine Faulmeyer

1.Ecrire, à quoi ça sert ?

A comprendre (et à pardonner), à voir autrement…

J’ai entendu l’été dernier à la radio, Annie Ernaux citer une écrivaine japonaise qui disait « écrire c’est regarder les choses jusqu’au bout ». Je ne pourrais pas dire mieux, je crois.

2.Le meilleur compagnon de l’auteur ?

La ténacité, les livres, la vie !

3.Son pire ennemi ?

Lui-même.

4.Une manie d’écriture ?

Dans la pratique ? Je ne crois pas avoir encore assez de bouteille pour en avoir une !

Dans le style ? Si j’identifie un automatisme, alors j’essaie de le désamorcer.

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5.De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » )

De l’absence de réponse, peut-être.

Que par la recherche perpétuelle, elle comble, console, accepte…

6.Comment construit-on un roman ? Son point de départ : Un plan, un message à faire passer, une obsession ?

Un visage, une émotion, une question, le désir comme le dit si bien B.M Koltès « de raconter bien, un jour, avec les mots les plus simples, la chose la plus importante que je connaisse et qui soit racontable, un désir, une émotion, un lieu, de la lumière et des bruits, n’importe quoi qui soit un bout de notre monde et qui appartienne à tous. »

7.Combien de textes proposés avant ce premier roman publié ?

Aucun, c’est le premier roman écrit aussi.

8.Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Etrangeté et joie. Le nom sur la couverture est-il vraiment le sien ?

9.Définissez-vous par :

une œuvre d’art : Toute l’œuvre de Van Gogh (j’ai grandi à côté d’Auvers sur Oise où il vécut ses derniers jours et sa chambre, ses ciels étoilés, ses portraits à l’oreille coupé, ses joueurs de cartes…ont été les seules œuvres – en reproduction – qu’il m’a été donné de voir jusqu’à mes dix ans, et quelles œuvres !. Souvenir très fort de la visite-pèlerinage en classe de CP de l’église qu’il a peinte, de l’auberge Ravoux, de sa tombe…et puis à dix-huit ans de ses tableaux vus pour la première fois «  en vrai » au musée à Amsterdam, en parallèle de la lecture des lettres à son frère…)

une première fois : celles à venir

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10.Citez trois ouvrages fondateurs

Vies minuscules de Pierre Michon

La Nuit juste avant les forêts de B.M. Koltes

Le Parti Pris des Choses de Francis Ponge

11.Le dernier roman qui vous a étonné

La jeune épouse d’Alessandro Baricco

Water Music de TC Boyle (et c’est un premier roman !)