Si on parlait écriture et premières fois avec Julie Moulin? (68 premières fois, Jupe et pantalon)

23 Août

Il y a dans la sélection des 68 premières fois, des romans que j’affectionne particulièrement, celui de Julie Moulin en fait partie, il a été pour moi un coup de cœur, un roman que je garde en tête même après une centaine de premiers romans lus, parce qu’il a un ton, parce qu’il y a un nouveau talent. Parce que ce roman a su venir me parler, me toucher, de manière inattendue par sa forme. On rit, on pleure dans ce roman, on vit les émotions, on regarde ses jambes et on sent son corps, tant de choses dans un livre me direz vous, eh bien oui et c’est dans Jupe et Pantalon.

Julie Moulin a accepté de répondre à mes questions et me fera l’immense plaisir d’être l’une des invitées de la rencontre des 68 organisée dans le cadre du salon du livre du Mans le 9 octobre!

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1.Ecrire, à quoi ça sert ?

À s’interroger, à creuser dans les tréfonds de l’âme, individuelle et collective. À être dans le monde, à être citoyenne de ce monde. À partager cette vision, en espérant qu’elle suscite en retour des interrogations.

2.Le meilleur compagnon de l’auteur ?

Le train ou le tram, pour l’inspiration. Le mouvement, cette sensation d’être emmenée, favorise l’émergence de situations, les idées de dialogues, la caractérisation des personnages. Pour écrire concrètement, j’ai ensuite besoin de fixité. Après m’être adonnée à la rêverie, je m’assoupis toujours en transport.

3.Son pire ennemi ?

Le quotidien, les horaires à respecter, les impromptus médicaux et les vacances scolaires. Quand je suis dans le texte, je supporte très mal les retours au réel.

4.Une manie d’écriture ?

Je réécris constamment mes textes. Je dépose une première version sur ordinateur, que je corrige déjà : j’ajoute, j’enlève. Puis j’imprime sur papier le résultat. Alors commence ce que je nomme le grand chambardement. Je rature, je doute, je m’enlise parfois. Et je réécris. C’est un processus qu’il m’est difficile d’arrêter. Le quotidien, dans ce cas, m’extirpe du texte, et c’est tant mieux.

5.De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » )

De la solitude, oui. D’un trop plein de pensées, d’observations, de sensations, d’émotions, de projections, d’informations sinistres ou joyeuses. Ne pas être qu’une à porter cela, mais tous mes personnages.

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6.Comment construit-on un roman ? Son point de départ : Un plan, un message à faire passer, une obsession ?

J’écris sans plan. J’ai une idée de départ, une idée de milieu, aucune idée de la fin. Par contre, je sais sur quels thèmes je souhaite écrire et j’ai une sorte de musique en tête. Restent de nombreux blancs à remplir.

J’ai écrit les deux parties de Jupe et Pantalon en parallèle. Je savais seulement comment se terminerait la première partie. Pour le reste, le récit s’est construit au fil de l’écriture. J’ai souvent eu l’impression de me faire embarquer par mes personnages. Ces jambes n’en faisaient qu’à leur tête…

7.Combien de textes proposés avant ce premier roman publié ?

Jupe et Pantalon est le premier manuscrit que je soumettais à un éditeur. Je l’ai envoyé par la poste à plusieurs maisons d’édition. Alma a répondu favorablement, et j’en suis ravie ! C’est une très belle maison, qui met en avant de jeunes auteurs et de nouvelles formes d’écriture.

Par contre, j’ai soumis des textes courts et des nouvelles à des revues ou à des jurés de concours, qui ne les ont pas retenus.

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8.Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Une sensation de stupeur et de joie. La projection se matérialise enfin, une matérialité à laquelle on ne croit pas encore ; on l’a tant rêvé ce roman, est-il possible que ce livre existe vraiment ?

Une sensation de désappropriation aussi, à cause de l’intime, ce face-à-face entre le texte et soi, qui devient public. Le roman écrira sa propre histoire ; celle-ci, en grande partie, nous échappera.

J’ai attendu deux jours avant d’ouvrir l’enveloppe qui contenait mon tout premier exemplaire de Jupe et Pantalon. J’ai tourné l’enveloppe, je l’ai humée, soupesée, je l’ai glissée à côté de mon oreiller pendant deux nuits. On ne comprenait pas que je ne veuille pas la décacheter. Quand j’ai, avec précaution, décollé le bord marron du pli, j’ai pris le livre du bout des doigts, presque brûlée par lui.

Il y a de cela, de l’incandescence, lorsque l’on tient en main son premier roman publié.

9.Définissez-vous par :

            – une œuvre d’art : La composition 7 de Kandinsky

            – un mot : comment

            – une première fois : Le concerto pour violoncelle de Chostakovitch joué à la Philharmonie de Moscou

10.Citez trois ouvrages fondateurs

Vie et Destin de Vassili Grossman

La promesse de l’aube de Romain Gary

Les vagues de Virginia Woolf

11.Le dernier roman qui vous a étonné

Dieux et mécanismes de Viktor Pelevine

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François Bugeon, le monde entier et les 68 premières fois

27 Juil

Les 68 premières fois, ce sont des romans mais surtout des auteurs, des personnalités que l’on découvre, des univers que l’on apprivoise. Celui de François Bugeon est d’une humanité folle, d’une tendresse rare et il fait du bien. Il faut lire Le monde entier, puis le chérir; l’offrir ensuite. Comme une délicatesse. Et écouter François Bugeon parler de son si beau rapport à l’écriture.

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1.Écrire, à quoi ça sert ?

Sans doute, écrire est pour moi un moyen d’obtenir une reconnaissance plus complète de ce que je suis, et sans doute aussi, une façon de m’égarer dans les histoires et des personnages que j’invente.

Mais écrire me permet surtout de m’infliger l’acte technique de la recherche du mot juste, de la phrase qui sonne, du paragraphe qui se tient. C’est une sorte d’ascèse à bien y réfléchir, un genre de concentration méditative qui me fait penser que l’écriture elle-même ne sert à rien, qu’elle est inutile et que c’est l’engagement qui vaut.

Finalement, la seule chose qui compte est de vouloir créer, de façon acharnée. C’est cela : écrire sert à faire de moi un acharné.

2.Le meilleur compagnon de l’auteur ?

La solitude ! C’est une compagne terrible et attentionnée, posée là, derrière mon épaule.

3.Son pire ennemi ?

La satisfaction, le sentiment d’avoir dit ce qu’il fallait dire, souvent amplifié par l’adhésion du lecteur. C’est pour cela, je suppose, que pas mal de ceux qui écrivent se refusent à faire lire leur production : ils savent où se tient le danger.

4.Une manie d’écriture ?

Trouver en vitesse autre chose à faire. Surtout ne pas commencer à écrire, il y a toujours une bonne raison de ne pas s’y mettre.

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5.De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » )

Écrire, créer, ça sauve les enfants qui ont été oubliés dans les allées des grands magasins, perdus dans les rues de la ville, et qui chercheront à jamais une silhouette rassurante dans la foule.

6.Comment construit-on un roman ? Son point de départ : Un plan, un message à faire passer, une obsession ?

Je crois qu’il faut juste obéir, aux personnages, dont la psychologie se précise page après page, et à leurs actions dont les conséquences sont pour la plupart indiscernables. On peut toujours faire un plan, mais c’est un peu comme vouloir cartographier la surface de l’océan, on ne voit que les parallèles et les méridiens alors que tout se passe sous la surface.

7.Combien de textes proposés avant ce premier roman publié ?

Quatre. Quatre en trente ans. C’est peu finalement.

8.Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

On est heureux de voir son travail ainsi reconnu, on a autant peur d’être lu par le public qu’on en a envie, et on est terrifié à l’idée d’écrire un nouveau roman. Tous ces sentiments en même temps. Alors on se sert un deuxième whisky.

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9.Définissez-vous par :

– une œuvre d’art : les Outrenoirs de Soulages.

– un mot : L’autre

– une première fois : Le samedi matin, en sixième, notre professeur de Français nous lisait des passages de livres. Ce jour-là, c’était « L’Enfant de la haute mer » de Jules Supervielle… Alors, on pouvait donc écrire des choses comme celle-ci ! C’était possible !

10.Citez trois ouvrages fondateurs

L’herbe de Claude Simon

Le fusil de chasse de Yasushi Inoue

Regain de Jean Giono

11.Le dernier roman qui vous a étonné

L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar

 

Sortons des sentiers battus! (4 romans, 4 univers, 4 expériences)

18 Juil

L’été se veut être la saison des livres légers, de ceux qui vont avec le soleil et le rosé. Certes, et cela peut faire du bien (si votre conception est telle, rendez vous autour des trois premiers romans de l’été), mais l’été peut être aussi le moment où l’on a du temps pour s’attarder sur les romans qui portent haut la littérature, pour tenter des expériences singulières.

Quatre titres  pour savourer des romans à la langue soignée, aux contenus riches et aux projets ambitieux.

Icare au labyrinthe, Lionel-Edouard Martin

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Ce roman, c’est comme un verre que l’on dégusterait doucement, qui provoquerait milles effets tantôt la gorgée réveille par son amertume, tantôt elle nous berce par sa douceur et dont on se resservirait pour prolonger l’effet.

L’écriture de Lionel Edouard Martin ne se laisse pas apprivoiser facilement, mais une fois que l’auteur accepte de nous ouvrir la porte, on sourit, parfois jaune, et on ressent comme une béatitude à le retrouver, à prendre délice à retrouver la langue, les idéaux portés haut, la poésie jamais loin.

Il y a quelque chose de presque suranné dans Icare, comme un monde que l’on ne prend plus le temps de regarder (l’éloge de la lentille !), quelque chose de plus lent que le monde justement, ce décalage sans doute nécessaire à l’écriture. Elles sont belles d’ailleurs les pensées sur l’écriture et la littérature, sur ce qu’elle doit être ou veut être, et sur son importance.

Un roman étonnant et dont on garde la douce mélodie et le pincement un peu grinçant, jamais cynique de son héros.

« J’ai toujours dans mon baise-en-ville un livre ou deux. Le monde, chaises à touche-touche, peut bien me ratatiner, j’y survis tant que me parle une petite voix d’écriture. »

« De cette heure, je n’ai plus jamais été le même : je m’étais détaché du spectacle et du monde. Une paix, une nouvelle façon d’être. C’est comme ça qu’on écrivaille : dans cette vague certitude qu’on doit mettre entre le monde et soi le recul d’une apathie, au sens premier du terme. Refuser de participer, se tenir à l’écart. »

 « – Je me serais blottie contre toi. Nous aurions dormi tous deux. Je n’aurais plus eu peur. Il faut bien que tu serves à quelque chose. Les livres, c’est toi qui le rabâches, sont là pour nous désangoisser, parce qu’ils améliorent le monde en y mettant de l’ordre.

–   L’anti chaos…. »

L’année dernière, deux premiers romans avaient l’audace de tenter quelque chose de nouveau, de s’ouvrir à autre chose que le roman à proprement parlé

Charognards, Stéphane Vanderhaeghe

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Charognards ou la réécriture des oiseaux d’Hitchcock, la mise en page aussi importante que le contenu, l’objet livre dans son aboutissement, et ce basculement vers la folie, ce monde écrasé, pris d’assaut par ces animaux sombres et troublants, la folie dans laquelle plonge le héros, au gré de son journal et dans lequel le lecteur est entraîné, sans facilité, avec une maitrise de la langue. Plus qu’une histoire que l’on nous conterait, il s’agit ici de faire l’éloge de la langue par la langue elle-même, la réflexion poussée à l’extrême de la disparation de l’humain, et de sa langue. Un projet ambitieux, un premier roman déroutant, haletant comme un thriller, dont on conserve longtemps la sensation d’enfermement qu’il suscite.

111, Olivier Demangel

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Sur le modèle d’une étude sociologique, Olivier Demangel invente (ou est ce nous pousser à notre paroxysme, pousser au grand exil ? ) la vie d’une troupe d’individus en migration et sa lente ascension, vers où, vers quoi ? Avec en guise de narrateur des observateurs détachés et comme une vigie, voir mais ne pas être vu. L’études des rites et des habitudes, des attitudes face à la mort à l’obligation de se reproduire pour perdurer; à la manière d’un sociologue ou ethnologue, Olivier Demangel livre un roman étrange, que l’on lit sans savoir, comme ses personnages, vers où l’on va, avant la seconde partie et la rencontre d’une autre bande, et inéluctablement l’affrontement.

Un pari audacieux

Tombeau de Pamela Sauvage, Fanny Chiarello

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Le dernier roman de cette série est pétillant et dingue, ludique et éblouissant, tellement intelligent et même si le lecteur se délecte de ce roman avec fluidité, on ne peut qu’imaginer la difficulté d’écriture de cet ovni, pour que les notes de bas de page deviennent des tranches de vie dans lesquelles se donnent à lire les petites choses perdues, les détails qui font la singularité. Vingt trois destins tous liés, comme ces degrés qui nous séparent les uns des autres (6 au plus paraît il), et là où l’humour saisit le lecteur à la première lecture, on sent affleuré la colère toujours vive de Fanny Chiarello dans ses romans (Fanny Chiarello dont je vous parlerai à la rentrée avec un superbe roman, soi -disant pour ados), cette volonté de se battre toujours, de ne pas accepter la déchéance des choses de notre quotidien. Un délice tant sur la forme que sur le fond, où l’on laisse au lecteur le choix de sa lecture ! Attention, ça surprend ! Et c’est délicieux!

« Ne sommes- nous pas une note de bas de page pour la plupart de ceux qui nous entourent? » Pamela Sauvage

 

Vincent qu’on assassine, Marianne Jaeglé

12 Juil

Quand la littérature s’empare de la peinture, la réussite est souvent au rendez-vous , le sublime Eroica de Pierre Ducrozet (un roman magistral sur Basquiat !), Gaëlle Josse et le si délicat l’ombre de nos nuits ou encore le superbe Les singuliers d’Anne Percin, Marianne Jaeglé ne déroge pas à la règle en signant un roman sur les dernières années de Vincent Van Gogh.

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Se basant sur la théorie de deux historiens américains, l’auteur donne à voir la mort de Van Gogh non comme un suicide mais un assassinat, mais là n’est pas l’unique propos, tant il s’agit d’un roman sur la couleur et la création, la frénésie artistique et la difficulté à vivre de l’art ; sur la facilité aussi d’une société à mettre les génies en marge.

Parce que Vincent peint vite, parce qu’il ne fait pas de jolies aquarelles avec des fleurs aisément reconnaissables mais qu’il les fait vivre sur la toile, qu’il met dans sa peinture la fureur du monde ou sa beauté en mouvement, le mistral qui souffle. Que ce soit dans les séances à l’atelier ou le travail en extérieur, les personnages s’animent, les décors se dessinent, la scène est sous nos yeux sans de longues descriptions, juste avec l’essentiel des couleurs et de la lumière, de l’atmosphère et du souffle de Van Gogh.

Ce roman visuel est un bel hommage à Van Gogh, à son frère également dans son acharnement à défendre l’œuvre de Vincent et à l’artiste en général, avec des émotions et des sensations, et plus que tout la beauté de l’art. Marianne Jaeglé va plus loin en donnant vie à l’homme, en dévoilant un peu le mythe et en le rendant vivant, à portée de mains. On ne regarde plus un Van Gogh comme avant après avoir lu ce roman.

Une belle réussite!

 

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Une fois le roman refermé, on n’a envie que d’une chose, plonger dans les lettres de Vincent et surtout les dernières, avec le recueil Dernières lettres de Vincent Van Goh, paru chez 1001. La lecture des phrases de Van Gogh en devient encore plus émouvante après la rencontre avec la bonté et la générosité du Van Gogh de Marianne Jaeglé.

« Eh bien, mon travail à moi, j’y risque ma vie et ma raison y a sombré à moitié. » Vincent Van Gogh à son frère.

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Trois premiers romans pour votre été.

5 Juil

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Ne vous fiez pas à leurs couvertures, même si ces récits se déroulent le temps d’un été, Aurore Bègue et Elsa Vasseur nous plongent dans les quelques secondes qui précèdent ou suivent le drame, ces drames que l’on devine dès les premières pages et qui nous tiennent en haleine le temps du roman. Une vision touchante et fine des émois d’adolescente et des sentiments exacerbés de ces périodes où l’on se confronte au devenir. De la difficulté à grandir quand les épreuves se chargent de trop vite vous faire basculer dans l’âge adulte. Deux romans maitrisés et prenants que l’on dévorera le temps d’un été.

Ces deux premiers romans sont dans la sélection des 68 premières et ils plaisent!

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A propos de l’heure bleue

Muriel Pautet : « L’heure bleue » est un roman facile à lire, les relations entre les personnes retrouvent la réalité, c’est profond, troublant, l’histoire est bien bâtie, j’ai aimé et je reste très surprise par la chute.

Amélie Muller : Un roman plaisant qui rappelle par certains côtés Desperate Housewives ou un roman paru l’été dernier chez Gallimard Jeunesse, Nous les menteurs, et que je vous recommande si vous aimez le suspens et les tensions familiales !

Une lecture agréable pour Martine et distrayante pour Joelle.

A propos de Treize

Sophie Gauthier, Merlieux : D’une justesse pénétrante, ce premier roman nous rappelle à quel point il est douloureux de grandir et de faire le deuil de son enfance.

Le chat qui lit: Il est à la fois, dérangeant et tendre, mais aussi plein de fraîcheur

Les lectures du mouton: Je me suis plongée avec délice dans ce roman à double facette. Les vingt dernières pages m’ont noué l’estomac quand on découvre le pourquoi du comment.

Les livres de Joëlle: Ce roman est très bien maitrisé, la tension est présente tout au long du récit et Aurore Bègue analyse finement les bouleversements de l’adolescence et les ravages de la culpabilité. Le sujet peut paraître banal mais le traitement qu’en fait Aurore Bègue lui donne toute sa valeur. Un très agréable moment de lecture avec une famille que je ne suis pas prête d’oublier. Le dernier chapitre est particulièrement touchant.

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Presque jeune, presque jolie, de nouveau célibataire, Stéphanie Pélerin

Ce roman là a une saveur particulière pour moi, parce qu’il émane de Stephie que vous connaissez forcément avec son blog Mille et une frasques, parce que j’ai eu le privilège de lire les épreuves de ce roman et que j’ai ri. Loin de mes lectures habituelles, j’ai plongé dans cette comédie romantique drôle et enlevée, qui donne à sourire et à suivre les trépidations d’Ivana, prof en quête de l’amour. Comme un bon film touchant et fun, aussi frais qu’un cocktail détonnant, ce roman saura vous étonner, vous émouvoir et vous faire du bien !

 

Le monde entier, François Bugeon

21 Juin

Chevalier pourrait être un héros ordinaire ou simplement un homme bien, droit et taiseux, solitaire surtout, qui oublie presque qu’on peut l’aimer. Il est peut être ordinaire, mais François Bugeon nous montre avec tendresse et force que l’ordinaire contient un monde entier. Là où la société n’a d’yeux que pour ceux qui brillent, même si les lumières sont artificielles, ce roman redonne sa place aux villages de campagne, à ces espaces un peu délaissés où les solitudes prennent toute la place, où les drames se déroulent porte close, à peine des chuchotements, où la vie ne s’écoule qu’au rythme de l’usine, des moments de répit au jardin ou à l’étang. Tout semble simple, rien ne l’est, mais on ne s’étale pas, on ne se gausse pas, on se contente de vivre, sachant ce qu’est l’instant présent et trainant son lot de douleurs sans en faire un étendard. Le silence comme refuge, presque comme art de vivre.

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Les liens ne sont pas moins forts, seuls les mots sont tus, les émotions sont dissimulées mais vécues. Les attaches sont solides, le respect et les éléments, les terres et la fidélité. Les voisins et les collègues, les gens que l’on croise. Autant de repères, autant de points de passage.

Le monde entier, c’est aussi la preuve que chaque vie compte, que le romanesque n’a pas besoin de grandes aventures pour dire toute la complexité et la beauté des relations humaines, ou peut être que finalement la seule grande aventure qui soit ne trouve son intérêt que dans l’autre.

Un premier roman sur l’humanité des gens simples empli de tendresse et d’une émotion discrète mais réelle.

Un joli moment, hors des sentiers battus.

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Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois et charme d’autres lecteurs

Sophie, Merlieux: « Lumineux ! Probablement que je n’aurais pas lu ce premier roman sans les 68 premières fois… et j’y aurais perdu un moment d’intense plaisir, une lecture douce et enveloppante qui a déposé tout un monde à mes pieds. On s’attache aux personnages, on s’inquiète de leur présent et de leur devenir, on les accompagne sur un chemin qu’ils défrichent en avançant et on aime vivre à leurs côtés le temps de cette lecture délicieuse de bienveillance, de tendresse rentrée et d’amitié silencieuse. « 

Adèle Binks:  « Armé d’une pudeur désarmante, il porte attention aux autres bien plus qu’à lui-même. La rencontre avec cette fille étrangère à ses valeurs, à son mode de vie, les drames d’un ami sentimental et tout simplement l’intelligence de cœur de Chevalier l’amèneront à dépasser ses peurs et à enfin oser vivre pour lui. Un roman plein de finesse et de tendresse. »

Geneviève Munier: « François Bugeon s’y entend pour envelopper ses personnages de tendresse, d’empathie, d’intérêt. Son écriture, délicate, légère et sans fioritures traduit parfaitement la modestie de chacun. Nulle ostentation dans ces lignes qui se déroulent comme un long fleuve tranquille, mais apportent un grand bonheur de lecture. « 

Enell : »J’ai été surprise par ce texte, happée par l’intrigue, émue par l’histoire de chacun. François Bugeon a tissé une toile aérienne, aérée, qui a su me prendre dans ses fils de soie. Un roman à savourer avec délectation et sans modération. Un coup de cœur.  « 

Vous pouvez aussi retrouver les avis de Joëlle Antigone Héron, Le chat qui lit notamment.

Grand merci à Sabine du blog Carré Jaune pour ce nouveau visuel!

Crédit photo: Sabine Faulmeyer

Gaëlle Josse, lauréate du prix France Bleu/Page (Attention, ce billet contient un concours!)

9 Juin

« Vous avez été sélectionnée pour faire partie du prix France Bleu/Page ».

Ainsi, a débuté l’aventure, un mail reçu par l’équipe Page. Pour s’inscrire, il fallait proposer une critique, j’ai envoyé celle du roman Les mijaurées d’Elsa Flageul, comme une évidence.

« Les cinq romans en lice ont été désignés, les voici :

– La renverse d’Olivier Adam

– le dernier amour d’Attila Kiss de Julia Kerninon

– Les vieux ne pleurent jamais de Céline Curiol

– L’autre Joseph de Kéthévane Davrichewy

– L’ombre de nos nuits de Gaëlle Josse »

Sourire en voyant la si belle liste, après les si réussis Buvard, le 15 août à Paris ou encore Les séparées de K et y retrouver avec émotion Gaëlle Josse dont le roman Nos vies désaccordés résonne encore en moi, même après multiples relectures, il m’émeut incroyablement.

En une semaine, lire ou relire ces cinq titres, demeurer impartiale et conclure que mon choix se porte sur le roman de Gaëlle Josse, non pas parce qu’elle est Gaëlle Josse (je reste persuadée que l’on est plus exigeant avec les gens que l’on aime, la déception est toujours plus douloureuse quand on attend beaucoup) mais parce que son roman, encore une fois, révèle son exigence d’écriture et sa manière douce et intime, profonde et sincère de voir le monde ; ici celui de Georges de la Tour, de la peinture, et de mille choses, des pensées les plus intimes tout en pudeur. Les traits sont fins, les regards appuyés, la psychologie délicate. Comme des suggestions, une poésie en prose, des portraits d’homme et de femme aboutis mais toujours mystérieux, comme cette partie de soi que l’on ne rencontre pas toujours. Gaelle Josse s’aventure au plus près de l’intimité, de notre colonne vertébrale sans jamais hurler, elle démontre à chaque roman que l’on peut saisir l’essentiel par le beau, sans avoir besoin d’une langue outrancière ou agressive.

Entrer dans un roman de Gaëlle Josse, c’est comme s’installer dans un nuage d’ouate, perméable aux émotions et aux sentiments ; dans un espace à soi que l’on reconnait entre tous, une langue singulière qui viendra cueillir nos sensibilités.

Le jury ne s’y est pas trompé, décernant le prix à L’ombre de nos nuits.

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N’attendez pas pour découvrir ce magnifique roman, et pour en savoir plus, plongez-vous dans l’entretien qu’elle a accordé , avec douceur et intelligence, au magazine Page, entretien réalisé par une libraire pleine de peps et de passion.

Parce que vous êtes des chanceux, on vous propose de gagner 5 exemplaires de la revue, dédicacée à votre nom par Gaëlle Josse!

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Pour cela, il suffit de répondre à cette question : « Si demain vous décidiez d’ouvrir une librairie, quel nom lui donneriez-vous ? ». Les 5 gagnants seront tirés au sort. Clôture des participations le vendredi 17 juin à minuit.

N’hésitez pas à partager sur les réseaux sociaux et à aimer la page facebook de la revue, c’est une revue faite par les professionnels du livre, ceux qui la défendent et la mettent en valeur, elle est 100% authentique, elle mérite vraiment d’être lue ! ( et pour tout premier abonnement, vous recevez le livre de gaelle Josse, vous avez donc une nouvelle bonne raison de vous faire plaisir!)