Souvenir d’un premier roman avec Erwan Larher

19 sept

Comme promis, la suite de l’interview d’Erwan Larher!

Merci infiniment Erwan d’avoir pris le temps de répondre à mes questions!!

crédit photo: Dorothy Shoes

 

6. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

A 14 ans, en pension, une histoire d’amour mystique entre deux vieux de 16-17 ans, dans le château cathare de Montségur. Je vous laisse imaginer…

7. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

J’ai essuyé des centaines de refus, avec trois romans différents, dont Qu’avez-vous fait de moi ?

Plus jeune, chaque rejet me confortait dans le puéril et banal sentiment d’être un artiste incompris et maudit, tout en me broyant l’ego, petit coquelet prétentieux que j’étais. Cependant, je ne me décourageais pas et me remettais au travail pour améliorer mon texte. Puis je renvoyais une nouvelle version, immanquablement refusée, et ainsi de suite jusqu’à ce que je décide de commencer un nouveau roman qui, une fois achevé, entrait dans le même cycle envois-refus-réécriture.

Pour faire un lien avec votre première question, vous constatez que je suis à ranger dans la case des laborieux, des tâcherons obstinés.

8. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

Franchement, rien ne m’a paru difficile. Respirer, manger, aimer ne m’ont jamais angoissé ni fait douter. Ecrire non plus. Certains écrivent seulement pour devenir écrivains ; ceux-là peuvent connaître l’angoisse de l’échec.

Il faut je crois être à la fois très prétentieux et très humble pour aspirer à être publié.

 

9. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman publié entre les mains ?

Alors là… C’est indicible. Surtout pour moi qui ai attendu si longtemps avant d’être publié. Emotion, fierté, soulagement, fierté, émotion, agitation, excitation, ataraxie. Une des plus belles joies de mon existence, vraiment. J’en ai fait un petit article sur mon blog, à l’époque. C’est ici.

10. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Oh, je ne veux pas juger Qu’avez-vous fait de moi ? C’est le rôle des critiques, voire des lecteurs. Moi, je l’aime, c’est inconditionnel, malgré ses défauts. Et toujours l’aimerai.

11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Je serais bien présomptueux de penser que quelqu’un rêve d’être à ma place, à savoir travailler pendant onze mois sans relâche pour ne même pas gagner de quoi partir en vacances le douzième. Le prestige social, me rétorquerez-vous, la gratification symbolique. Si c’est ce après quoi vos « auteurs en herbe » courent, qu’ils changent de rêve.

A un romancier qui brûle d’être publié, je donnerais des conseils rasoirs d’ancien combattant : demande-toi pourquoi tu écris, pourquoi tu veux être publié, prépare-toi à la solitude, au découragement, apprends la patience, lis, travaille, travaille et travaille.

Toutefois, si notre « auteur en herbe » aspire à faire des romans comme Jennifer des chansons (et pourquoi pas ?), le chemin sera à la fois moins raide et plus court, et les conseils ci-dessus lui seront aussi utiles qu’un dictionnaire à un footballeur.

Je peux enfin suggérer quelques stratégies dites « de contournement » : jouer sur son physique, si celui-ci le permet, peut faciliter certains rapprochements, comme dans tous les milieux professionnels, et ce, dans le champ littéraire, que vous soyez un homme ou une femme. Se construire un personnage marquant également, par le biais d’une coupe de cheveux, d’un persistant chapeau, d’une écharpe de couleur vive, d’une chemise déboutonnée. Si vous avez un physique attirant ET que vous avez réussi à vous créer un personnage, bingo ! Dans ce cas, fréquentez les salons du livre, les signatures en librairies, faites-vous repérer, pas forcément par un auteur connu – un moins connu sera plus abordable et vous emmènera, de fil en aiguille, vers un bankable. Envoyez les gens vers votre blog littéraire (sur lequel vous ne dites que du bien de tout le monde), faites subtilement savoir que vous travaillez sur un texte (« non, je ne le fais pas encore lire, ce n’est pas prêt… Bon t’es sûr ?… Alors ok, mais tu me dis franchement, hein ? »). Avec un peu de persévérance, cette tactique peut payer.

Vous voyez, il ne faut pas désespérer, moult chemins peuvent conduire notre « auteur en herbe » à l’étal d’une librairie.

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4 Réponses to “Souvenir d’un premier roman avec Erwan Larher”

  1. christine 19 septembre 2012 at 08:30 #

    J’ai beaucoup aimé.

  2. Adele 19 septembre 2012 at 08:50 #

    Les réponses d’Erwan Larher sont à lire comme un roman ! une belle écriture, un grand talent !!

  3. adele 19 septembre 2012 at 15:10 #

    Passionnante cette interview!!

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  1. La 25ème heure du livre: une heure chargée de rencontres, de mots et de chaleur! « L'insatiable - 21 octobre 2012

    [...] la laisse à son carnet pour aller saluer Monsieur Erwan Larher, un peu intimidée. Mais son grand sourire et sa gentillesse ont raison de ma timidité. Un [...]

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