Des kangourous si attachants!

9 mai

En ce moment, mes émotions littéraires sont mises à rude épreuve et jouent aux montagnes russes. Un jour, je finis le très bon Russell Banks en me disant que c’est à cela que doit servir la littérature… Le lendemain, je me laisse prendre au jeu de Grace et apprivoise mes peurs. Et le jour suivant, je découvre un livre tout en douceur, d’une tendresse infinie et je me dis que finalement la littérature est là aussi pour nous faire du bien.

Ce livre là, c’est Au pays des kangourous… Un petit OVNI!

Aux commandes: Simon, 9 ans, garçon plein de vie, grand rêveur, qui aime son papa plus que tout mais qui se pose beaucoup de questions depuis qu’il l’a découvert dans le lave vaisselle et qui voudrait que sa maman rentre du pays des kangourous.

Enfantin, me direz vous!!! Oui et c’est cela qui fait du bien!! Parce que ce n’est pas un adulte qui vous parle, c’est Simon avec ses mots, ses rêves d’enfants, sa franchise et son innocence, sa soif de vérité et ce monde un peu trop grand pour lui.

Les personnages qui égrainent le roman et la vie de Simon sont tous plus délicieux les uns que les autres: Lola, la grand mère loufoque et tellement attachante, Lily une petite fille extraordinaire, les sorcières qui forment une bande un peu barrée et tellement joyeuse, Fortunée et sa tendresse de géant, Alice et son sourire ravageur.

On est face à une vision du monde des adultes criante de vérité, une plongée dans l’enfance clairvoyante et tellement réaliste. On est tiraillé entre ces adultes qui tentent, avec une bienveillante maladresse, de protéger la légéreté de l’enfance et ce petit garçon pétri de questions et de rêves qui tente de comprendre ce qui se passe autour de lui.

La dépression est un sujet grave évidemment, un peu tabou, même si parfois tout à chacun se dit dépressif alors que c’est une maladie, un poison, qu’il faut combattre avec ardeur. Sauf que la dépression par les yeux de Simon, c’est tout autre chose, c’est l’espoir de guérison, c’est le refuge dans les rêves, c’est une note de couleurs à chaque instant, des petites touches qui s’ajoutent au fur et à mesure de l’histoire, pour sortir du noir.

Je me suis surprise à sourire, littéralement, en lisant ce livre. Ce petit sourire qui tient chaud, ce petit sourire qui pourrait être le préalable à quelques larmes d’émotions.

Un roman tout en douceur qui fait du bien, sincèrement… parce qu’il est léger et qu’il donne envie de rêver encore,de replonger en enfance et de croire en l’humanité!

Un joli roman touchant et très attachant!

Chose rare: ce roman peut être lu à tout âge (à partir du collège), Gilles Paris a réussi le défi de faire un roman intergénérationnel, chacun le lira avec son âge et ses ressentis mais chacun peut le lire!

NB: ma librairie (qui est vraiment chouette) avait organisé une rencontre avec Gilles Paris. Un auteur d’une générosité incroyable, qui vous livre tout sur un plateau, ses émotions, ses ressentis de lecture, ses expériences. Une rencontre touchante avec un auteur qui aime les gens, ça se voit, ça se sent et ça fait du bien! Pas de faux semblants, de fausse pudeur, une sincérité évidente, une fragilité à peine cachée, un joli moment!

 

 

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6 Réponses to “Des kangourous si attachants!”

  1. Yspaddaden 9 mai 2012 at 14:03 #

    J’ai un autre livre de cet auteur dans ma PAL depuis un bout de temps, "Autobiographie d’une courgette" qui est aussi un livre sur l’enfance, je crois… Ton billet me donne envie de le découvrir.

Trackbacks/Pingbacks

  1. Films et autres déceptions… « L'insatiable - 29 mai 2012

    [...] ces déceptions, se glissent des très très bons romans donc je vous ai parlé (Grace, Au pays des kangourous, Belle Famille, Virginia et Vita) et d’autres dont je vous parle très vite… Share [...]

  2. Et si on parlait écriture avec Gilles Paris? « L'insatiable - 12 juin 2012

    [...] cette rubrique en compagnie de Gilles Paris. Je vous avais parlé de son dernier roman: Au pays des kangourous. Roman attachant et d’une bienveillance [...]

  3. De la lecture encore et toujours! « L'insatiable - 20 août 2012

    [...] conflit et compromis. Un roman inattendu mais vraiment intéressant et qui peut trouver, comme les kangourous, un public de tout âge selon moi (et ça, c’est une sacrée [...]

  4. La 25ème heure du livre: une heure chargée de rencontres, de mots et de chaleur! « L'insatiable - 21 octobre 2012

    [...] cette fois, on se promet qu’on va y arriver, je me faufile jusqu’à Gilles Paris, là encore une conversation que je garde pour moi mais qui réchauffe et encourage [...]

  5. Et une sélection, une! « L'insatiable - 13 décembre 2012

    [...] Au pays des kangourous de Gilles Pari [...]

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