La vie est une fiction, par Gilles Paris

17 mai

La seule vraie richesse, ce sont les rencontres, celles qui vous touchent pour toujours, celles qui éclairent un moment, les éphémères ou les longues. Toutes façonnent votre vie et la conception de votre monde.

C’est donc de ces rencontres phares que j’avais envie de parler, il y a eu Erwan et Sandra qui sont venus vous livrer avec sincérité et douceur leurs visions du chemin ensemble. J’ai eu envie de prolonger l’aventure.

Aujourd’hui, c’est sous une autre forme qu’elle revient et c’est surtout un joli cadeau que m’a fait une personne précieuse, Gilles Paris. Il fait partie de mes rencontres, celles qui m’ont donné envie d’avancer sur ma voie, qui ont réussi en un regard ou quelques mots à me dire que tout n’était pas vain.

Gilles avait envie de vous raconter non pas une rencontre, il est généreux, mais plusieurs! Celles faites dans les salons, des rencontres d’un autre temps, comme suspendues avec ses lecteurs et les autres auteurs. Avec ces mots tendres et doux, il vient vous les conter à l’oreille.

Trop bavarde, je lui laisse la place. Un merci immense Gilles pour ce merveilleux présent!

La vie est une fiction par Gilles Paris

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Ma nature étant plutôt sociable, je m’étonne parfois d’apprécier autant la solitude et mes arrivées matinales au bureau, le portable muet et ce couple d’heure où je travaille en silence. Je ne sors pas le soir, j’aime la quiétude de ces instants à lire, regarder la télévision et parcourir mon mur Facebook à la recherche de photos et commentaires qui me donnent envie d’ouvrir le dialogue. Un ours bien léché, voilà ce que je suis la plupart du temps.

Mais quand vient la parution d’un de mes romans, l’ours sort de sa tanière et parcours la France. Pour mieux me faire connaître, diront certains. Je confirme. Mais surtout pour rencontrer tous ces lecteurs anonymes qui m’ont lu, ne me connaissent pas, ou intrigués par mon sourire viennent à moi. Si je sourie, c’est parce que je suis timide, en fait. C’est toujours préférable à la lecture des textos ou du journal.

J’ai remarqué au fil des années que mes livres plaisent aux adolescentes et aux femmes. Peu d’hommes. Leurs épouses disent qu’ils préfèrent les polars ou les essais. Au salon de Nice, pourtant, un père et son fils sont restés près d’une heure à discuter, avant de repartir avec mes trois romans, écrits à dix ans d’intervalle. À Autun, en Bourgogne, un petit garçon de dix ans voulait savoir s’il pouvait lire Autobiographie d’une Courgette. J’ai répondu « oui et non ». Oui, parce que j’ai fait de nombreuses rencontres dans les écoles, et les enfants me lisent dès l’âge de 9/10 ans. Rien de cru, dans mes romans, et une approche du drame qui les intrigue du haut de leur petit âge. Non, parce que c’est finalement aux parents de décider si mes livres peuvent être lus ou non par leurs enfants. Ce petit bonhomme est revenu avec son père qui m’a demandé une dédicace. Peu de temps après, l’homme est de nouveau face à moi. Il n’est pas le père, mais le tuteur du garçon qui a passé sa petite enfance dans une maison d’accueil. Il voulait offrir un livre à ce gamin qui ne souhaitait que mon deuxième roman.

Les rencontres dans les salons ou les libraires sont émouvantes, drôles, tendres, parfois tragiques. Je me souviens encore en 2002 de cette femme qui m’avait jeté au visage Autobiographie d’une Courgette, après avoir lu la quatrième de couverture. « Comment pouvez-vous écrire des horreurs pareilles ! » m’avait-elle dit avant de s’enfuir et me laisser tremblant sur ma chaise. Parfois, on me demande où sont les toilettes et pourquoi Marc Lévy n’est pas resté plus longtemps, ou pourquoi Patrick Poivre d’Arvor n’est pas venu.

A Nice, après une conférence autour de la dépression à partir de mon troisième roman, Au pays des kangourous, une dame m’attend au bas de l’estrade et me dit « c’est un sujet qui m’intéresse. Mon fils s’est suicidé à cause de la dépression ». J’ai envie de retourner à mon stand, mais impossible de laisser cette inconnue dans une pareille détresse. Je choisis mes mots, je fais attention à ce que je dis. Je connais la fragilité de ces parents qui ont perdu un enfant. Le taux de suicide dans la dépression est un thème que je n’aborde pas dans les conférences. Trop dur. J’essaye de la déculpabiliser. Les dépressifs s’enferment dans un silence et ne se confient plus à leurs proches. Je ne suis rien pour cette belle femme élégante. Juste une branche à laquelle elle se tient un instant. Elle m’accompagne au stand et me demande une dédicace. Le prénom est masculin. « Votre fils ? », je demande alors que je connais la réponse. Je dis « je ne peux pas dédicacer le livre à un mort. J’ai besoin d’y accoler votre prénom. La vie doit continuer ». Elle me regarde. Sa tristesse et sa résignation s’imprègnent en moi comme une éponge.

A Colmar, trois adolescentes m’accueillent dès l’ouverture du salon. Chacune demande une dédicace sur mes trois romans. Elles ont lu un article, une publicité comme je l’entends souvent en province, mais elles ne savent plus où. D’autres m’ont entendu sur France Culture où je n’ai pas encore été invité. Plus surprenant, une dame m’affirme à Vannes qu’elle m’a vu le samedi soir sur « On n’est pas couché » l’émission de Laurent Ruquier. A Metz, je retrouve Vincent que j’ai connu virtuellement sur Facebook et qui, depuis, est devenu un véritable ami.

Au Mans, j’aperçois une certaine Charlotte, venue assister à la rencontre que je donne avec Marie-Adélaïde Dumont à la librairie Doucet. Elle ne sait pas que j’ai pour habitude, où que j’aille, de choisir un visage qui me rassure, vers lequel je me retourne souvent, où je puise l’énergie de poursuivre. C’est à cause d’elle, d’ailleurs que j’écris cette chronique. À Sète, c’est un couple, assis au deuxième rang, attentif, que je ne quitterai pratiquement pas du regard pendant le café littéraire auquel m’a convié Tino di Martino.

Bien sûr, brave pomme que je suis, je repars parfois avec des manuscrits que je n’aurais pas le temps de lire. Comment dire à ces jeunes et moins jeunes auteurs qui me regardent comme si j’étais une sorte de messie, que je compte les heures qui me séparent de mon métier de communicant et de cette irrésistible envie et besoin d’écrire ? Voilà bien longtemps que je n’ai pas eu le temps de m’acheter un pull ou un CD, de visiter une expo, d’aller au cinéma, ou de me promener au jardin du Luxembourg sans autre but.

J’aime ce regard doux et attentif des lectrices ou des lecteurs sur moi comme s’ils souhaitaient autant se faire aimer que moi d’eux. Parfois j’aimerai les inviter à dîner ou prendre un café, mais je n’ose pas. Christine a fait plus de deux cent kilomètres pour venir me voir à Colmar. Régine près de 75 pour me rencontrer à Merlieux. Depuis nous sommes devenus amis. Elle organise même une fête du livre « Fée Clochette », le samedi 18 mai au café Louise à Paris. Une mordue du livre, passionnée par les auteurs, qui ne vient pas du milieu de l’édition.

Et puis, toutes ces fêtes du livre n’existeraient pas sans les écrivains. Quelle joie de parcourir ces salons avec des auteurs que je retrouve toujours avec autant de plaisir. Harold Cobert, Emilie de Turckheim, Alma Brami, Corine Royer, Grégoire Delacourt, Janine Boissard, Adrien Goetz, Marie-Claude Gay, Brigitte Kernel, Thierry Vieille, Delphine Bertholon, Akli Tadjer, Eve de Castro, Valentin Musso, David Foenkinos, Marc Siger, Jacques Béal, pour ne citer qu’eux. J’ai partagé la complicité d’une cigarette sur le trottoir avec Corinne ou Harold, d’un fou rire avec Alma dont j’ai oublié l’origine, d’un repas à Nice au soleil avec Valentin, de photos avec Brigitte que nous avons aussitôt envoyé sur Facebook, d’apartés avec ma confidente Janine, de traversées de mer avec Marie-Claude ou Adrien, d’une fête à Villefranche avec Akli, d’un retour de Saint-Tropez en voiture avec Thierry, d’une conversation profonde avec Marc, comme on peut en avoir, parfois, avec des inconnus…

Et à Limoges, alors que je recevais le Prix Cœur de France pour Au pays des kangourous, j’ai fait signe à Grégoire de monter sur scène à mes côtés, l’ancien lauréat de ce Prix, avec lequel j’avais échangé quelques mots sur Facebook. Depuis, c’est un ami. Il prend soin de moi. Souvent un texto pour savoir comment je vais, ou si j’ai eu un retour d’Héloïse d’Ormesson pour mon prochain roman L’été des lucioles, qui sortira en janvier 2014.

Et malgré ce tourbillon d’émotions et de belles rencontres, je suis heureux de rentrer chez moi. Je me rends compte à quel point ces week-ends de salon, où ces journées en librairie m’apportent tout l’amour dont j’ai besoin pour me tenir debout. Ou assis, derrière mon ordinateur. La mère de mon prochain narrateur, n’est-elle pas libraire ? Dans L’été des lucioles, j’évoque ces rencontres que je transforme en fiction. À Fuveau, une lectrice s’approche de moi. Elle choisit Au pays des kangourous. Je lui demande son prénom. Elle dit « celui que vous voulez ». Le stylo suspendu, je la regarde intriguée. Elle se penche vers moi et ajoute « j’adore que les écrivains m’inventent un prénom ». Je dédicace au nom de Claire. Le prénom que je vais choisir ensuite, pour la mère de Victor dans L’été des lucioles.

La vie est une fiction.

Dernier livre paru : Autobiographie d’une Courgette (Etonnantissimes ! – Flammarion avril 2013). Une version augmentée et illustrée par Charles Berbérian.

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Des romans féminins et pétillants! Un peu de légereté!

16 mai

Il y a quelques mois quand j’ai lu l’avis de recherche( !) des Editions Charleston pour constituer un comité de dix lectrices pour sa première année de publication, j’ai eu envie de tenter l’aventure.

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On était pourtant loin de l’univers des romans sur lesquels mon attention se tournait habituellement, mais l’idée de participer, même de manière infime, à une maison d’édition me plaisait bien.

J’ai été retenue parmi les dix lectrices choisies.

A commencé alors une aventure sucrée et douce.

J’ai reçu un questionnaire pour que l’on fasse un peu plus connaissance, puis ensuite le premier roman des dix publiés en 2013.

La mission : le lire et répondre au questionnaire qui l’accompagnait sur son ressenti, la note à attribuer, des questions à poser à l’auteur, des avis à donner sur le titre ou la couverture et autres petites choses.

Le premier opus était Les roses de Sommerset. Je vous avoue que ce n’est pas mon préféré et que, pourtant aimé par d’autres, je n’ai pas succombé à ce récit.

J’attaquais le second avec un peu d’appréhension : la femme qui décida de passer une année au lit. Une idée originale mais qui n’a pas tenu complètement ses promesses.

La troisième lecture a commencé avec quelques doutes : « et si en réalité j’étais trop éloignée de mes lectures habituelles »… et là, une jolie surprise. La maison d’hôte est apparu sous mes yeux, j’ai vu les personnages déambulés dans leurs vies, je me suis attachée à leurs histoires et aux messages profondément optimistes véhiculés par l’auteur.

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L’expérience s’est renouvelée avec Le châle de Cachemire (une histoire touchante et résolument féministe qui vous embarque dans les méandres des pensées de Nerys et Mair, avec ces destins de femmes amoureuses et passionnées. Un joli chassé croisé entre passé et histoire pour dénouer les fils ténus liant les différentes générations, le poids de la transmission et des traditions).

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Les quatre grâces à paraître a été également un excellent moment de lecture,  un roman sur l’amitié féminine (sujet trop peu traitée u de manière trop lointaine dans la littérature… sauf peut être l’excellent Les séparées de Kéthévane Davriechwy) , inspirée de Desperate housewives et qui se lit avec délectation! Lisez en un extrait en cliquant sur la couverture avant de l’emporter dans vos bagages cet été!

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Alors, finalement, après un départ difficile, je suis enfin entrée avec bonheur dans ces lectures doudous, celles qui vous font sourire un dimanche de pluie, qui vous transportent dans d’autres horizons et qui pour une fois ne vous torturent pas l’esprit, la lecture plaisir en somme ! (clin d’œil à cette réflexion sur la lecture que je faisais il y a peu de temps)

N’hésitez pas et allez découvrir les romans des Editions Charleston, défendus avec vigueur et enthousiasme par des femmes hautes en couleur et toujours de bonne humeur !

 

Si on parlait écriture avec Aude le Corff?

14 mai

Aude, c’est une des blogeuses que je suivais quotidiennement et que j’admirais (j’avoue!), alors quand elle a arrêté son blog pour se lancer dans l’écriture, j’ai applaudi! Et puis un jour, elle m’a dit: ça y est, mon premier roman va être publié… chez Stock! Respect!

Vous pouvez donc découvrir en librairie son road movie sensible et poétique Les arbres voyagent la nuit.

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1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Oh la colle. J’ai besoin d’écrire (et de lire) depuis l’enfance, c’est une façon d’échapper à ce monde, un plaisir de jouer avec les mots, d’inventer une histoire, et avant tout une passion. Quantifier la part de sueur et de talent ? Quand je suis prise dans mon roman, je ne vois pas le temps passer, les idées viennent toutes seules, teintées de tristesse ou de fantaisie selon mon humeur, sans sueur, ni talent particulier, à part une imagination féconde. J’atteins alors un certain état d’exaltation, les personnages prennent vie.

Le plus laborieux (ici résident les 90% de sueur !) est selon moi le travail de relecture, seule puis avec l’éditeur, c’est long, à la fin on voit flou, on ne peut s’empêcher d’être perfectionniste mais on aimerait passer au livre suivant !

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

Entre zéro (fatigue, besoin de marcher en musique, flemme) et cinq heures. Je reprends le soir quand ma famille me le permet. Parfois c’est court mais intense.

En ce moment, j’ai moins envie, je passe du temps sur un paragraphe, je vais faire un tour sur les réseaux sociaux, me préparer un thé, lire, caresser mon chat, je reviens. J’ai une confiance en moi assez variable qui peut me freiner. Bref, il y a d’autres paramètres que la sueur et le talent !

3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

J’ai commencé par des contes. Puis il y a eu un roman un peu loufoque, qui n’était pas mûr, il y a quatre ans. Et celui-ci, que je considère comme mon premier vrai roman.

4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

A chaque relecture, même la centième (millième ?), j’ai toujours un truc à modifier. A la fin, il y a de moins en moins de passages qui me gênent, je suis à peu près à l’aise avec ce que j’ai écrit, l’éditeur est là pour relever certaines incohérences ou des répétitions, mais il reste humain. Et dix ans plus tard, on n’écrit plus la même chose de la même manière. Il faut accepter de ne jamais pouvoir rendre le roman parfait.

5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Mon premier manuscrit a été envoyé à  quelques éditeurs, en 2009, et je n’ai pas insisté après leurs refus, je devais avoir conscience que je n’étais pas prête. J’ai laissé passer un peu de temps puis je me suis lancée dans Les arbres voyagent la nuit, très différent, plus poétique, entre conte et roman.

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6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

Je demande très peu d’avis extérieurs car je suis sensible aux remarques, qui peuvent me déstabiliser. Je ne prends pas le risque d’être influencée et de changer un personnage ou une fin malgré moi.

J’ai un roman pour la jeunesse sous le coude, je me suis beaucoup amusée à l’écrire en attendant les réponses des éditeurs l’an dernier, je ne pensais pas que mon imagination m’entraînerait aussi loin.

Mon projet actuel, un roman pour adultes, grandit depuis 2012, je couchais régulièrement des idées sur un cahier, les personnages passaient dans ma tête, je visualisais des endroits, des scènes assez précises. J’ai enfin commencé à l’écrire, ça me change les idées, car un premier roman publié, c’est beaucoup de joie mais aussi de l’angoisse…

7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

Le plus difficile : tant donner et se dire qu’on ne sera peut-être jamais lu, que notre texte n’est pas à la hauteur. Il y a tellement de romans publiés, et en même temps si peu par rapport à la masse de manuscrits envoyés, ça peut être décourageant. Mais je reviens toujours à l’écriture, malgré les pauses et les doutes. Je me souviens d’un ami qui me conseillait de ne pas trop m’accrocher parce que je n’avais pas de contacts, que les statistiques étaient déprimantes, et j’avais répondu, l’air buté : « je m’en fous, je continuerai jusqu’à ce que ça marche ». Heureusement, ça a effectivement marché un an après !

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Un sentiment d’irréalité, même si on s’y prépare (épreuves, choix de l’illustration, premiers essais informatiques). De la satisfaction. De la reconnaissance envers l’éditeur qui a cru en nous, sans lequel nous n’aurions pas ce livre entre les mains.

9. Etre écrivain, c’est…

Tout oublier quand on écrit. Etre habité par ces univers et ces personnages que l’on crée. Transmettre des émotions, une compréhension du monde et de l’autre qui nous est propre,  une part de soi, du rêve.

10. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Etre spontané, ne pas vouloir en faire trop, en copiant les auteurs que l’on aime par exemple. Rester soi. S’accrocher malgré les découragements.

Mais si l’envie n’est plus là, ne pas se forcer. Vous y reviendrez si c’est votre chemin.

C’est le printemps! (foire aux livres)

9 mai

Parce que c’est le printemps et que faire du tri fait du bien.

Parce que les livres n’aiment pas rester seuls sur des étagères et préfèrent voyager.

Vous trouverez ci-dessous la liste de (certains!) mes livres (tous en très bon état) qui attendent un nouveau propriétaire pour retrouver un second souffle.

Je ne les vends pas, je vous les offre (seuls frais: le remboursement des frais d’envoi).

Si vous êtes intéressés, envoyez moi un mail avec les titres souhaités et votre adresse (mail dans la rubrique A propos). N’hésitez pas à diffuser cette "annonce", pas d’obligations de lien avec le blog!

Belle journée à vous!

Crédit photo: MaxMet

Crédit photo: MaxMet

Essai

- Victor Hugo, espace et politique, jusqu’à l’exil de Franck Laurent

- Assises du roman Le Monde 2011

- Qu’est ce qui m’empêche de me sentir bien ? Laurie Ashner

- Cinq années de ma vie d’Alfred Dreyfus

- Sur la télévision de Pierre Bourdieu

- La plus belle histoire de la liberté d’André Glucksmann, Nicole Bacharan et Abdelwahab Meddeb

- Le principe responsabilité d’Hans Jonas

- Le juge et l’historien, considérations en marge du procès Sofri de Carlo Ginzburg

- Les identités difficiles d’Alfred Grosser

- Le contrat naturel de Michel Serres

- Méditer de Jon Kabat Zinn (avec cd)

- Un cœur intelligent d’Alain Finkielkraut

- Une rolex à 50 ans, a t on le droit de rater sa vie ? de Yann Dall’Aglio

- Tremblez mais osez du Docteur Susan Jeffers

- Pourquoi lire ? de Charles Dantzig (poche)

- Le calme retrouvé de Tim Parks

- Bohèmes de Dan Franck

 

Roman

- Je la voulais lointaine de Gaston Paul Effa

- Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas Vinau

- J’étais la fille de François Mitterrand d’Elsa Flageul

- L’heure du roi de Boris Khazanov

- Banquises de Valentine Goby

- Le passage des éphémères de Jacqueline Harpman

- L’inconnu de Juliette Kahane

- Mourir est un art, comme tout le reste d’Oriane Jeancourt Galignani

- Un homme effacé d’Alexandre Postel

- Emprise d’Elsa Chabrol

- En retard sur la vie d’Eric Paradisi

- L’île des beaux lendemains de Caroline Vermalle

- La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joel Dicker

- Andy de Brigitte kernel

- L’illégitime de Carole Zalberg et Denis Deprez

- Si j’y suis d’Erwan Desplanques

- Silhouette de Jean Claude Mourlevat

- La battue de Gael Brunet

- Les filles d’Estoril de Margarida Rebelo Pinto

- Dire son nom de Francisco Goldman

- No présent de Lionel Tran

- Quand j’étais Jane Eyre de Sheila Kohler

- La femme du lac rouge d’Aurélie Airoude

- Le sourire étrusque de José Luis Sampedro

- L’été de la deuxième chance de Elin Hilderbrand

- N’oublie pas d’être heureuse de Christine Orban (poche)

- Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert (poche)

- Seuls de Laurent Mauvignier

- Le goût amer de la justice d’Antonio Monda

- Des hommes de Laurent Mauvignier

- Le diable vit à Nothing Hill de Rachel Johnson (poche)

- Nos vies rêvées de Barbara Israël (poche)

- Désaccords imparfaits de Jonathan Coe

- Devenir immortel, et puis mourir d’Eric Faye

- Mariage Blanc de Valérie Zenatti

- Rosa Candida d’Audur Ava Olafsottir (poche)

- Les insurrections singulières de Jeanne Benameur (babel)

- Le goût du Mezcal de Miguel Sandin

- Les chagrins de l’arsenal de Patrick delbourg

- Oublier son passé de Karin Alvtegen

- Cris de Laurent Gaudé (babel)

- Cet été là de Véronique Olmi (poche)

- La maison Matchaiev de Stanislas Wails

- Extremement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer (poche)

- Mother India de Manil Suri (poche)

- Loin de Chandigarh de Tarun J Teipal (poche)

Si on parlait écriture avec Corinne Royer?

7 mai

Corinne Royer  a publié l’année dernière un roman singulier: La vie contrariée de Louise. Elle nous parle aujourd’hui de son travail d’écriture.

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1.L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

C’est comme un marathon en solitaire. Le plus difficile est de prendre le départ, de se lancer. Après, on ne fait plus trop la part des choses, on est dedans et la sueur, on ne sait plus si elle provient de l’effort ou du plaisir… On sait seulement qu’on ne s’arrêtera plus avant d’être arrivé au bout. En tout cas on a besoin de croire qu’on arrivera au bout !

2.Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

Très irrégulier. En période d’écriture ça peut varier de deux à cinq heures mais il y a des ruptures de rythme, parfois une semaine entière sans écrire. Je n’aime pas précéder l’écriture, j’aime au contraire la contenir, la reporter jusqu’au débordement, jusqu’à ce qu’elle s’impose, qu’il ne soit plus possible de ne pas écrire. C’est sans doute une mise en scène nécessaire pour éviter le sentiment d’un rapport à l’écriture qui tiendrait davantage du laborieux que de l’instinctif. Oui, au bout du compte, c’est un leurre…

3.Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

M comme Mohican aux éditions Héloïse d’Ormesson en 2009, un texte qui constitue une variation autour du thème du désir féminin et du rapport au monde que ce désir induit lorsqu’il atteint son paroxysme.

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4.Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Quand on le relit  comme une partition de musique et qu’on ne se heurte plus à aucune fausse note,  à part bien sûr celles que l’on a délibérément distillées. Mais, à force de se relire, on s’habitue à la musicalité du texte, on se l’approprie au point de ne plus pouvoir être objectif, alors, arrive un moment où on ne peut plus rien pour lui. C’est qu’il est temps de lui faire jouer sa petite musique pour d’autres oreilles…

5.Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Le premier texte envoyé a été le bon !  Avec la bénédiction de la Poste qui le déposa sans doute au bon endroit au bon moment.

6.Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

Une idée d’abord, un scénario et quelques personnages. Puis un plan bien ficelé qui volera généralement en éclats aux alentours de la dixième page… Je crois que le fait de ne pas me tenir à mon plan initial est une façon de faire perdurer la griserie de l’écriture, de laisser les personnages prendre possession du texte, les laisser me surprendre, m’entraîner sur des terrains où je n’avais pas prévu d’aller. J’ai souvent le sentiment de ne pas avoir écrit certains passages de mon texte et cette part « étrangère » est précisément celle qui me stimule et m’intéresse.

7.Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

Lorsque j’ai écrit mon premier roman, je n’avais aucune velléité d’édition. Je n’imaginais même pas l’adresser à une Maison. Je n’ai donc pas connu l’angoisse liée à une éventuelle parution. C’est un peu différent à présent… le regard de l’autre est anxiogène par essence.

8.Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Je crois que chaque auteur possède son propre moment de séparation, cet instant, souvent bref et un peu douloureux, où l’on sait que le cordon vient d’être coupé. Pour moi, cela se situe en amont de la réalité physique du livre, lorsque le manuscrit est remis à mon éditrice. Voir le livre imprimé, le toucher, le feuilleter n’a pas été un moment particulièrement marquant.

9.Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Qu’il a toutes les qualités et tous les écueils d’un premier roman ! J’y suis très attachée…

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10.Etre écrivain, c’est…

Une notion que je ne saurai pas définir… au point que je ne suis pas sûre de me « sentir » écrivain. Est-on pêcheur parce qu’on aime traîner au bord des rives avec une canne dans les mains même si on rentre bredouille ? Je ne sais pas.

11.Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

N’ayez pas peur de rentrer bredouille, traînez au bord des rives, encore et encore.

Et pendant ce temps là…

6 mai

Vous l’avez peut être remarqué, le blog est moins vaillant, moins fourni. Le rythme quotidien n’était plus possible à tenir et en ce moment même le 3-4 billets semaines est compliqué. Pour tout vous dire, la lecture n’est pas en grande forme non plus.

Ne vous inquiétez pas, rien de grave mais le besoin de me reposer et de me ressourcer un peu.

Le blog ne s’arrête pas, il ne prend pas de vacances non plus, mais un rythme de croisière un peu réduit. Deux billets par semaine, peut être plus si l’envie revient.

Je vais aussi accueillir des invités, le premier sera un de taille qui vous livrera, jeudi, un texte original sur la rencontre, celle de l’auteur et de ses lecteurs notamment.

 

Source

Source

 

Si vous aussi, vous avez envie de venir raconter des émotions, rédiger des billets de blogs sur des sujets qui vous touchent, n’hésitez pas à me contacter, c’est le moment!

Rendez vous demain pour une nouvelle interview d’écrivains!

Le jeu des onze questions

3 mai

Cultivez moi m’a gentiment désignée pour les Liebster award. J’ai gagné quoi? sa reconnaissance éternelle!

Sans blague, des petites questions auxquelles il faut répondre, onze autres à transmettre à onze blogueurs… J’aime ces petits jeux!

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Mes onze blogs…

L’incontournable Lucie des facéties de Lucie, la trépidante Sabine du Carré jaune, la douce Laeti qui revient jouer dans son playground, la douce Mirontaine et son petit monde , la féminine irrégulière de Cultur’elle, Marie LV et son blog Avec plaisir, Alice et son souci du détail un joli projet en construction, le très délicat blog Suzanne et les nuages, Laurent du très bon In cold blog, l’inimitable Keisha et pour finir, Olivia et ses désirs d’histoires et Séverine et sa blablablamania. Ok il y en a douze, J’aurais pu aussi parler de Clara et Sophie mais elles ne sont pas adeptes de ces petits jeux!

Les questions de Cultivez moi…

1/ Quel est ton roman préféré ? Question impossible ! Dans les classiques, les mémoires d’Hadrien de Yourcenar. Et sinon, le roman Nos vies désaccordées de Gaelle Josse tient une place particulière dans mon cœur, à plusieurs points de vues…
2/ Quelle est la recette que tu préfères réaliser ? Je ne suis pas très gourmande et j’ai un régime alimentaire spécifique mais aller faire le marché et cuisiner de bons produits frais, le bonheur !
3/ De qui es-tu secrètement fan ? Jeune de Roch Voisine, et il reste toujours un petit quelque chose de ses amours de jeunesse !
4/ Où te vois-tu dans 10 ans ? Je ne sais même pas dans un an alors dix… J’espère avec un peu moins de doute et plus d’assurance!
5/ Quel est le dernier film que tu as vu au cinéma ? Lincoln (looonnng)
6/ Quelle est la première chose que tu as fait ce matin ? Me lever  et me rassoir dans le canapé, fatiguée non ?
7/ Quelle est la chanson que tu écoutes en boucle en ce moment ? les chansons de Barbara (la dame brune, la solitude ou mon enfance) et l’album entier d’Alex Beaupain
8/ Quel est l’endroit où tu te sens le mieux ? en ce moment dans mon lit !
9/ À quoi es-tu addict? Sans doute aux livres !
10/ Quelle est ta série préférée ? Pas de préférence, mais j’ai beaucoup aimé Urgences, Brothers and Sisters, The Good wife et Damages…notamment, mais 24 heures chrono aussi. En fait, je suis assez acro au concept des séries, capable d’y passer la nuit. Finalement, j’en regarde peu, trop dangereux!
11/ Autre chose ? Merci !

Mes onze questions à mes onze blogueurs!

  1. Le métier idéal ?
  2. La plus belle chose au monde ?
  3. L’auteur dont tu achètes inconditionnellement chaque nouveau livre
  4. Un remède de grand-mère que tu utilises
  5. Le livre que tu n’arrives jamais à finir, même après plusieurs tentatives
  6. La pièce d’une maison que tu préfères
  7. Une devise
  8. Le personnage de roman que tu aimerais rencontrer
  9. Le film inavouable que tu as vu à plusieurs reprises ?
  10. Ta chanson fétiche
  11. Le remède contre un coup de blues